28 janvier 2009
Poème
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Le forçat
je n'ai pas l'oreille en feutre
ni en fibres de soies rares
une rivière d'amour coule sur mes joues
sur les ronces de mon chemin bruissent
des cris doux et sages comme la pourpre
de si peu de bleu ils font un empire de rêves
mon astre ne mesure pas les sonates du violon éteint
il fait défiler les fausses notes des rumeurs du monde
le muscle de mon talon réveille la peur des faubourgs
mon arbre vibre avec les racines mélodieuses
chante avec le vent des cimes la berceuse du feu mélomane
et crache sur les sitars désaccordés le flot de ses vers
j'arrose l'étoile du matin oursin qui colle à la syllabe
du feu
qui brûle sans flamme pour que se déhanche la valse du cœur
seule l'étincelante braise accompagne le corps à
la fournaise
le triste fleuve solitaire gèle loin du brasier des
yeux nomades
qui tua la forêt vierge du pardon et les larmes du platane
fait renaître de sous les décombres de la chair le
poème décousu
entre les seins de ma Casbah maternelle je pose ma
caresse flanelle
à la mémoire de mon père qui mourut dans les bras de
la dernière danse
mon paternel pinceau que je porte aux mille
lieux chevaleresques
ma turbulente langue au souffle ventilateur
fait de moi un buveur sans ailes à la lueur des nébuleuses
je crains le sourire de l'encre assoiffée de couleur alvine
infidèle à la blancheur de la feuille je pleure comme
un forçat
j'enfouis mes secrets au creux de mon champ aphone
ma sourde oreille n'entend plus les barytons de la mort
au-dessus du sommeil je désosse le fémur retors du souvenir
mon poumon accueille l'opium de l'effervescent amour
le son de la flûte habite mon royaume
et fume avec mes nuits le futur malfaisant
je hume l'air de la liberté où grouillent des lunes absentes
que la fêlure condamne le globe à la perpétuité de
la blessure
sur les mains loyales de l'ombre demeure mon miroir sonore
Kamel Yahiaoui
14 janvier 2009
C'est la honte !
Un chiffre un Homme
envoyé par sos-racisme
11 janvier 2009
Totem 3
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10 janvier 2009
poème Palestine
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poème
Palestine
vous qui êtes l'écorce désossé de l'humanité
vous qui êtes la roquette de la paix des pierres
vous qui êtes la clé du lieu riverain de l'écritoire
cessez de tirer sur l'enfant du désordre livresque
cessez de chasser l'homme conjugué aux racines de sa terre
cessez d'effacer la plainte du verbe nourrissant
ma main caresse le sang horrifiant la Palestine
occupée
je pleure nos couleurs communes à la frontière du chagrin
le mur s'est battu contre la honte de votre séparation livide
je regrette ma naissance au seuil de votre échéance
je suis le démuni aux cotés justes du chemin barbelé
vous tuez mes enfants avec la certitude de la sentence et la force du
deuil
faite de moi l'accordéon de Gaza le pluvieux pinceau
acclamant justice
autrefois ma raison ancestrale a risqué son souffle pour vous
désormais la violence du feu fait de moi le gardien du poème révolté de
Darwich
je suis le palestinien qui chante le rêve à l'abri
de la folle invasion
je suis le navire qui combat l'exil de ma mère au-delà de son champ
occupé
je suis le coeur battant plus fort que le canon à bout de souffle de la
guerre je vous plains
je grave mes prières afin de saler le son givreux du
judéocrétin et muselant
que notre prophète commun sanglote aux cieux enfumés par le cri éternel
de l'abeille
quelle science donnerait raison à la brulure de la ruche féconde qui me
nourrit
nul pardon ne peut essuyer le pourpre du sang
coagulé des intifadas
si ce n'est l'amour du bleu larmoyant de l'orient trompé par le baiser
du périple
je n'embrasse pas la poudre qui tue la paix des oiseaux en vol vers le
soleil en cage
je fais le serment de téter l'encre transparente de
la miséricorde
je crèverai la nuisible guère en chantant le manifeste de la couleur du
songe
je prête mon chromatique espoir à toutes les patries orphelines de la
lumière
Kamel Yahiaoui
N.B
09 janvier 2009
Mahmoud Darwich
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La voix des collines s'enroue
au fond de votre gorge : la nuit
doit avoir blessé
son écho.
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Les champs piqués d'amandiers
sont devenus des sanglots
dont la tristesse vous paraît comme allégée
par l'habitude du malheur.
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Les fiers épis du maïs brillent
dans vos yeux où s'irise une larme
vierge qui pleure sur l'oubli des jours.
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Est-il vrai que l'éloignement
soit l'allié de l'oubli, que ce refuge ancien
où s'abritaient les miens ne soit plus
l'objet de l'amour ?
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Je le jure, par les épreuves qui jalonnent
le chemin de notre Histoire !
Son appel reste une source
tout au fond de notre cœur.
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Et si nous ne respirons plus
les bouffées de son parfum,
si nous ne recueillons plus
la rosée de son chant,
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Je le jure par le pain,
par l'espoir qui tient au ventre affamé,
lacéré par l'attente !
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Je le jure par la nuit
qui fait ombre à nos jours,
accueillante à des cœurs rendus
exsangues par le deuil !
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Ainsi nous aurions jeté nos espérances
en un puits de ténèbres ! Nous aurions
expectoré cette vie de douleur,
ô Douleur !
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Racontez, peut-être alors mon désir
retrouvera sa pleine ardeur. Peut-être
en moi le volcan assoupi se chargera
d'un poison inconnu.
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Parlez-moi ! Remplissez mon âme
d'un feu qui brûle. Parlez ! Peut-être
ma blessure alors se mettra à parler
à son tour.
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Une voix clame en moi, torturé
par l'absence : " Ô fils, il est temps
de te jeter dans l'action..."
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Une voix qui appelle au secours,
voix issue de la terre :
" Ô toi, l'accablé, avance ! "
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Une voix qui ébranle mes côtes...
Voix qui porte en elle la charge entière
du souvenir, voix qui porte une moisson
d'épis empoisonnés...
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Ô toi qui sait si bien raconter,
ne parle plus. Il suffit à mon âme
d'être enfin devenue l'une des rouges braises
du Feu de l'Enfer !
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Ne me blâme pas ! La haine a allumé
l'incendie dans mon sang
et le cri de ma douleur prend consistance
en roulant dans mes veines.
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Ne me blâmez pas ! C'est ma terre !
et elle pleure ! Pourrais-je supporter
de me taire ? C'est ma mère et elle souffre !
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Je suis à moi seul une génération !
Bien d'autres portent en eux le feu de la révolte
et nous nous sommes tous promis d'aller ensemble,
tous promis d'avancer !
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Chacun de nous à ce feu s'est durci,
chacun est prompt aux actes de colère
et chacun crie : " Nous sommes à nous tous
le baume ardent, ami de la blessure..."
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Mahmoud Darwich
04 janvier 2009
Chant, chemine léger sur mon cœur
Chant, chemine léger sur mon cœur,
chemine léger
comme la bruyère des marais
sur la fagne détrempée,
comme l'oiseau du matin
sur la glace d'une nuit.
Briserais-tu l'écorce de ma peine,
tu te noierais,
chant.
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Olav H. Hauge
Nord profond
Bleu autour
02 janvier 2009
Jean DELÊTRE
Peintre autodidacte né le 02 12 1953 à PARTHENAY .
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Vol à la roulotte
Huile sur toile.
65 x 50 cm.
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Fidèle à ce qu'il est
Jean peint sa vérité au rythme où elle transcende, respectueux et acharné,
confiant en cette relation.
Aucune loi, aucune histoire si ce ne sont les siennes, ni censure ni mode.
Jean peint ce qui vient, fidèle à ce qu'il est, et ne serait être sans poursuivre.
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