LUCARNE

A travers cette lucarne ovale, vous percevrez un peu de moi. Balade au hasard du chemin, déambulation vers les choses que j'aime. Je ne sais pas où je vais... Je me laisse simplement porter au gré du vent.

25 novembre 2008

BEN MOHAMED

est né le 10 mars 1944 à  At-Ouacifs,  dans la wilaya de Tizi-Ouzou.
C'est un grand poète kabyle.
Il est un acteur essentiel dans la reconnaissance de la culture Berbère.
Ben Mohamed  est  l'auteur,  entre  autre, de  la  magnifique  chanson 
interprétée par Idir et qui a fait le tour du monde, (clic)"a vava inouva ".


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                                     FACE A FACE
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              Face à face
              L'Autre et Moi
              Moi et Moi
              Entre folie et sagesse
              Miroir
              Bien en face

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                                                 Peut-on enfin
                                                 Voir
                                                 Sous la face
                                                 Démons et anges
                                                 Dont on porte trace
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              Face à face
              De moi à l'Autre
              De Moi à Moi
              Dans ce silence
              Réveil de rêves
              Rêves au réveil

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                                                 Peut-on ce soir
                                                 SOURIRE en face
                                                 Aux rêves qui fleurissent
                                                 Sous les caresses
                                                 De mains sans race

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                                   Ben Mohamed  Paris, le 13 mars 1992

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WISSEN

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1

Ma yella nettu idelli
Ma  di tesga n t-tekka
Ma yella i lmerta nevli

Ma nemma lmektub akka

Wissen itij ma-d yali

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2

Ma yella wul dayen immut
Ma d afud neggat yerka
Ma temses tezga di lqut
Ma tasa i wegdi i-t nefka
Wissen d urbaa ma neddut
Wissen ma-d vili uzekka

.

3

Ma yella imettawen flen
Ma nextar ala sekkaa
Ma yella laayut m-mlen
Ma yaareq wans'i-d nekka
Wissen ma-d llin-t wallen
Wissen ma-d yilli uzekka

.

4

Ma yella nettemxallaf
Ma nebbuved ar t-tfuh takka
Ma yella rray yennetlaf
Ma menwala yaakka
Wissen ma yegm uxalaf
Wissen ma-d yili uzekka

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Ben Mohamed
Alger, le 08/06/1972

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PERILS

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1
Si le souvenir se consume
Si l'indifférence nous rive
Si aux épreuves nous succombons
Si à la fatalité nous cédons
Le lever du jour sera compromis
Il y a péril en la demeure

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2
Si au cœur rien ne dit plus rien
Si nous laissons pourrir nos forces
Si la vie est insipide
Si aux chiens nous abandonnons le courage
Nous ne rejoindrons pas les partants
Il y a péril en la demeure

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3
Si les pleurs surabondent
Si aux faux vont nos faveurs
Si nos travers sont dévoilés
Si la trace de nos pas se perd
Nos yeux resteront fermés
Il y a péril en la demeure

.
4
Si la zizanie s'installe
Si l'atmosphère est polluée
Si notre raison s'égare
Si le dernier venu se gausse
Nos bourgeons ne pousseront point
Il y a péril en la demeure



Traduit par Ramdane ACHAB

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Anidaten

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I

Anida i yellan-t tudrin
Iseffden imettawen

Anida llan yexxamen
Yulin s ifasssen ilmawen

Anida tella tebburt
Id i tellin degw udmawen

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II

Anida tella tejmaayt
Ideg atmaten d atmaten

Anida llan laawaneser
Tibhirin timzin irden

Anida llan iberdan
Yesefrahen imsebriden

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III
Anida llan isulas
Yetfen axxam l-lejdud

Anida llan ikufa
Is n-necrahen laayud

Anida llan yecbula
Wid aken is yecbeh waddud

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Ben Mohamed

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Texte chanté par HAMSI Khadidja, sur un air traditionnel, dans le film de Fawzi
SAHRAOUI consacré à M'hamed ISSIAKHEM

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Où sont-ils ?


Les villages où sont-ils
Qui épongeaient les larmes ?
Les maisons
Bâties par des mains nues ?
Et les portes
Qui s’ouvraient sur les visages ?

Où est l’assemblée du village
Où les frères étaient vraiment frères ?
Les fontaines
Les jardins, l’orge et le blé ?
Les chemins
Qui réjouissaient les passants ?

Où sont-elles les poutres
Des maisons ancestrales ?
Les silos à provisions
Qui enchantaient les fêtes ?
Les jarres à huile
Qui embellissaient la stature ?

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Traduction Ramdane ACHAB

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UR T-TARGUT AGGUR

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1

Skud t-trun l-lufanat
Ulac win ar' asen islen

Skud t-thuddun lakulat
t-tuquten-d ideryalen

Sku tegglen-t lxalat
Nehder i lheqq mi-t netlen

Skud azmumeg s teswaat
Bdan wid yemmihmalen

Skud tennuyni tafat
Skud imettawen flen
Skud lwerd yetmettat
Amek ara cerhen-t wallen ?

.

2

Skud selley iimelluza
Yakw t-tyemmatin yettrun

Skud times di tywezza
Telheb deg tidi umeybun

Skud llan imerrza
Tmenddudaan ul'iwmi hkun

Skud gwerrin imenza
Skud semmed lkanun.

Skud tagmat twezaa 
Skud ifadden arekkun
Skud tasa ata tezza
Nekk ussan-iw ur zehhun

.

3


Skud t-tamurt terya
Taawint n t-tudert teqqur

Skud n t-tayes ay' nebya
Tirga ruhen-t yur lebhur

Skud laaqel l-Iaya
Yegwra-d yetnad' abayur

Skud rzaget twaffya
Isahay-d wakal n lbur

Skud tettaaraq talya
Skud ul akka yeccur
Skud amdan yettmenya
Nekk ur t-targuy aggur

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ALGER, le 07.08.72

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TANT QUE

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1
Tant que pleurent les nourrissons
Sans personne pour les entendre
Tant que l'on détruit les écoles
Que croît le nombre des aveugles
Tant que des femmes devenues veuves
On ensevelit publiquement les droits
Tant que se raréfient les sourires
Que sont séparés ceux qui s'aiment
Tant que la lumière est contrariée
Tant que surabondent les larmes
Tant que se meurent les roses
De quoi mes yeux se réjouiront-ils ?

.
2
Tant que j'entendrai les affamés
Et les mamans en pleurs
Tant que sur les terres les plus fertiles
Le feu consume la sueur du pauvre
Tant qu'il y aura des éclopés
Qui végètent dans l'indifférence
Tant que les meilleurs sont relégués en arrière
Tant que les êtres sont de glace
Tant que la fraternité reste éclatée
Tant que nos forces continuent de pourrir
Tant que nos cœurs brûlent de chagrin
Mes jours ne pourront se réjouir

.
3
Tant que la sécheresse brûle le pays
Que se tarit la source de vie
Tant que nous désespérons de tout
Qu'en l'océan se perdent nos rêves
Tant que les mentalités de Pachas
Ne poursuivent que le gain facile
Tant que les sorties sont amères
Que les terres stériles sont notre lot
Tant que se perdent les formes
Que les cœurs sont bien trop pleins
Tant que les hommes s'entretuent
Je ne rêverai pas de lune

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Traduction Ramdane ACHAB

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YASS

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Yass ad awqey lqifa;
Yass lekwayeq ad ssusmen

Yass quraan-i tiyummar
Yass ad kkawen idammen

Yass gmiy am yir syar
Yass mur zerrey wid yessnen

Yass ad zmumgey i lgar
Yass ma hemmley idrimen

Yass lhiy d yir qwdar.
Yass izan ad felli n-nden

Yass ggiy yeffud uzar
Yass snusey inebgawen

Yass ma yexsi-yi waabar
Yass lgerra-w a t-tekmen

Yass di ccetwa ittij yessyar
Yass ma'w 'lac wa-ayezziznen

Yass ad t-tuy abisar
Yass kniy iimeslayen
Yass grarbey-d segw'drar
Ur tettuy tin iid-d yurwen
D ucewwiq'ii yezzuznen

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Ben Mohamed
ALGER, le 26.09.72

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DUSSE-JE

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Dussé-je aller au bout du monde
Et dussent se taire tous les textes

Dussé-je subir les embuscades
Et dût le sang se dessécher

Dussé-je pousser comme méchant bois
Et ne consulter aucun sage

Dussé-je prodiguer de faux sourires au voisin
Et avoir l'amour des sous

Dussé-je suivre un mauvais troupeau
Et les mouches m'entourer

Dussé-je abandonner les racines à la sécheresse
Et fournir le gîte aux mauvais hôtes

Dût ma poudre être trempée
Et la trace de mes pas se perdre

Dût le soleil d'hiver brûler
Et sans personne à réchauffer

Dussé-je oublier la bouillie d'herbe
Et me rendre aux mots

Je n'oublierai pas ma génitrice
Ni le chant qui m'a bercé

.

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Traduction Mouloud MAMMERI

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Ruhey

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I

Si temzi tredqen legralh
Tafsut teqwli d aheggam

Yugwra-y-id webrid n rrwah
Ad-d ggey liser i wexxam

Defrey ahubbu l-leryalh
Nuday ad cerrgey ttIam

.

II

Ruhey ggiy atmaten
Ruhey ad-d nadiy tagmat

Ruhey ver wid yetmenyan
Tudert ad zrey anidat

Ddiy d wid tettewten
Aywbel kecmey as taqaat

.

III

Taqdimt tsawel i tejdit
Ta temmut tayeq tleqqem

Ang'is yehwu tebbwed titt
Mi gezmey azzar ad-d yessgem

Di tnafa gezmey timitt
Ukwiy-d ufiyt tlehhem

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Ben Mohamed

Texte chanté par HAMSI Khadi4ia, sur un air traditionnel. dans le film de Fawzi
SAHRAOUI consacré à Mh'amed ISSIAKHEM

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PARTIR

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1
Dès l'enfance s'ouvrirent mes plaies
Mes printemps se changèrent en hivers
Je n'eus d'autres choix que de partir
Et de laisser la paix aux miens
Je suivis le souffle du vent
Et cherchai à fendre l'obscurité

.
2
Je partis et laissai là mes frères
Et m'en allai quêter la fraternité
Je m'en allai vers les mourants
Pour apprendre d'eux la vie
Je fis bande avec les damnés
Et m'engouffrais dans la tourmente

.
3
Mes anciennes peines en appellent de nouvelles
L'une se retire et l'autre se greffe
Où que parviennent mes regards
Les racines que je romps repoussent toujours
En sommeil je coupe le cordon ombilical
A mon réveil je le retrouve relié

.

Traduction Ramdane ACHAB

Texte écrit pour un film de Sahraoui, consacré à l’artiste peintre M’Hamed Issiakhem. Il est interprété par Khadidja qui est, à la fois couturière et chanteuse.

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MOTS EN L'AIR







Il y a de ces mots
Qui sont dits
Comme ça
En l'air
L'air de rien
Ils restent en l'air
Et l'air n'en veut pourtant pas
Ils le polluent
Mais ils sont là
Ils planent
Et à la première de nos escalades
Ils nous tombent
Sur la tête
De tout leur poids
Lourds de sens
Ils nous tendent des embuscades
A chaque virage
A droite
De la droite
A gauche
De la gauche
Insécurité totale
Et cela
Pour
UN SIMPLE MOT
En l'air




Paris, le 03 mars 1992

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TECNA-M
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1
Tecna-m akw yaf zzin-iw
Tecna-m f lherma kesbey
Yiwen ur-d immekti lheqq-iw
D lmal t-tunehsabev
Tura mi-d Ilin-t wallen-iw
Yidwen ad mhasabey
.

2
Cfiy yaf asmi-d luley
Ur-d yelli wedriz felli
Yidwen mi-d mqabaley
Tezzi-m sgi tamuyli
Tenna-m i yemma selley
Rebb'ak misebber a yelli
.
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3
Asmi yebdiy la-tnemiy
Hulfay ziy yella malhyaf
Taqaat nni ideg deyliy
Tettiggir-iyi ur leryaf
Di kul taswaat twaliy
Al' arrac i nesmenyaf
.
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4
Yibbwas ddiy t-tislit
Nwiy ad yizid wemeic
Dhiy-d am tberranit
Laamer ii-d isah wehric
Tetmektayem-d Tasaadit
Ala di lweqt l-leqdic
.
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5
Ar melm'arat dum akka
Ar melm'ara yeybu lheqq
Melm'ara-d yas uzekka
Melmi tidet ara-d tenteqq
Melm'aa-d fyey segw zekka
Melmi ittij ara-d yecreq
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Ben Mohamed
Alger, le 08/08/1971

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VOUS AVEZ CHANTE

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1
Tous vous avez chanté ma beauté
Et mon sens de l'honneur
Mais oublié a été mon dû
Réduite à l'état de bête
Maintenant que s'ouvrent mes yeux
Je demande des comptes

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2
A ma naissance déjà
Nulle fête
Mes premiers regards
Faisaient se détourner les vôtres
Je vous entendais dire à ma mère
Des paroles de consolation

.
3
En grandissant
Je vécus l'iniquité
Le foyer qui m'avait vu naître
Me refoulait vers les marges
Je voyais bien à chaque instant
Que l'on préférait les garçons

.
4
Une fois mariée
J'espérai quelque changement
Mais je me retrouvai étrangère
Toujours sans part
A votre souvenir je n'étais rappelée
Qu'à l'heure des corvées domestiques

.
5
Jusqu'à quand cela durera-t-il ?
Jusqu'à quand mes droits enfouis ?
Quand demain arrivera-t-il ?
A quand la vérité ?
Quand sortirai-je du tombeau ?
Quand le soleil poindra-t-il ?

.

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Traduction par Ramdane ACHAB

Texte chanté par NOUARA

   [© Ben Mohamed]

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Ces poèmes m'ont été envoyés par Ben Mohamed que je remercie infiniment.

.

«  BENHAMADOUCHE Mohamed, dit « Ben »
Poète de langue kabyle né le 10 mars 1944 à At -Ouacif, Tizi-Ouzou,
Kabylie. Jusqu'en 1958, Ben Mohamed vit entre le village natal et
Alger où son père travaille; c'est à cette date que sa famille s'installe
dans la capitale. En 1956, il interrompt sa scolarité suite à la grève générale
décrétée par le FLN. En 1963, il entame à la préfecture d'Alger une carrière
de fonctionnaire qu'il  poursuivra jusqu'en 1975.  En 1976, il est affecté à la
Direction des finances du ministère de l'Education nationale où il exercera
jusqu'à son départ en France, en juin' 1991.
En France, il est employé comme gestionnaire dans le secteur du social.

Lannée 1958 fut pour Ben Mohamed celle du départ définitif de Kabylie;
il dit n'être plus jamais retourné dans son village pour plus de deux jours
consécutifs, sans doute de peur de déranger l'image de la Kabylie de son
enfance. C'est de cette Kabylie où s'est déroulée sa prime enfance qu'il
garde l'image idyllique d'une société organisée dans la solidarité des
réseaux ancestraux, où dominait la sagesse et où les maîtres du sens
exerçaient encore leur art du mot juste et de la parole ciselée. C'est
avec émotion qu'il évoquel le souvenir inoubliable du premier récital
auquel il a assisté en 1952, donné par Slimane Azem* dans un café aux
At-Ouacif. A cette occasion, son père lui avait acheté un petit fascicule
comportant des textes du chanteur. Peut être était-ce là que se traçait le
destin du poète, mis en contact coup sur coup, à l'âge de 8 ans, avec des
chansons et leurs textes écrits; en fait avec ce qu'il n'allait plus jamais
cesser d'exercer, faire se rencontrer dans la parabole, la parole et les mots :
la poésie.
Tout comme ne semble pas étranger à la naissance, puis à l'éveil de sa
vocation, la rencontre en 1956 de cette dame réfugiée dans son village,
après les bombardements massifs opérés sur la Kabylie, qui chantait
avec une voix merveilleuse les affres de la guerre: « un véritable journal
chanté des événements », dit d'elle Ben Mohamed qui ne quittait plus ses
jupons.

C'est en fait en 1967 que commence la longue carrière radiophonique de
Ben Mohamed, qui débute avec sa participation à l'émission de la chaîne II,
« Plumes à l'épreuve », dirigée par par Saïd Hilmi*, sorte de forum des poètes.
En une quinzaine d'années de carrière radiophonique, Ben Mohamed s'est
révélé comme l'un des plus grands animateurs de radio du pays.

Outre cette production radiophonique et/ou liée à la parole, on doit à Ben
Mohamed une très importante production poétique qui en fait un auteur
majeur de la littérature berbère d'expression kabyle. Ces textes très tôt
acquis au combat identitaire - en fait dès les débuts des années 70  restent
des pièces d 'une rare beauté et d'une émotion intense. Que de jeunes Kabyles
n'ont pas été « pris aux tripes », et définitivement sensibilisés, à la lecture et à
l'écoute de ce qui paraît comme un texte fondateur, comme l'appel de la terre
et la mère, YemmaI, écrit en février 1973. Ce poème épique où l'enfant prend
conscience de l'état de la mère, la terre et la langue, toutes trois confondues
dans la situation qui leur est faite: déshonorées, bafouées, humiliées, dépecées,
tout autant que spoliées.
Peut-on rester muet et inerte devant tant d'affronts faits à la mère? Non; alors,
l'enfant prend l'engagement de ne plus jamais se taire et de dire les mots qui
tuent:Awal ineqqen ass-' a t-id-nini!

C'est en 1972 que débute une collaboration féconde entre le musicien Idir*
(Hamid Cheriet) et le poète Ben Mohamed, quand ce dernier fit, sur une
musique déjà composée par Idir, le texte deA baba inuba (sortie en 1973),
à propos duquel Mouloud Mammeri dira sur la pochette du 45 tours, dans
un texte à l'accent inaugural: « ••• c'est en vain que dehors la neige habite
la nuit ». A baba inuba, qui fut repris dans plusieurs langues, est un succès
qui n'a jamais été démenti, en même temps qu'il a été à l'origine du foison-
nement de la chanson moderne kabyle dont la qualité n'a d'égal que
l'engouement et l'enthousiasme de la jeunesse kabyle en faveur de sa langue.

Ben Mohamed dit être venu à la poésie kabyle naturellement, par le désir qu'ont
connu des générations d'adolescents, dedevenir un jour chanteur. Puis l'accès à
la radio l'a mis devant l'obligation de parler, et plutôt longuement, une langue
qu'il est allé chercher dans l'écoute d'un auditeur idéalisé, représenté par sa
propre mère. Et peut-on parler autrement que dans sa langue maternelle, à sa
mère? La situation faite à la langue et la culture berbères dans l'Algérie indé-
pendante a fait de lui un poète totalement impliqué dans le combat identitaire.»

.

Extrait de "Hommes et Femmes de Kabylie"
[S. HACHI]
[Cette notice à été rédigée sur la base d'un canevas
biographique fourni par Ben Mohamed, et
de son intervention en mars 1998 à l'INALCO
dans le cadre du séminaire de D. Caubet consacré
à la création littéraire au Maghreb et d'un
entretien avec lui en mars 1998.]


Posté par memoire du vent - BEN MOHAMED - Commentaires [12] - Permalien [#]
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Commentaires

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    Bonjour ami poète, je me réjouis de vous retrouver le 24 avril à Niort où vous serez avec mes amis Tibouchi, Slimane Ould Mohand pour une soirée où la peinture, l'écriture, l'amitié feront table ouverte. A bientôt pour un partage fraternel.
    Josyane

    Posté par Josyane, 17 avril 2009 à 08:55
  • poesie kabyle

    bonjour, un grand merci pour vous monsieur pour ce modèste travail, qui a attenué un peu notre soife quant à la poesie de ce géant poète, fils de kabylie, dont oeuvres sont introuvables.
    merci.

    Posté par nabil, 26 mai 2009 à 19:45
  • Merci à vous Nabil de laisser un témoignage ici.
    Vos mots, j'en suis sûre, ne manqueront pas de toucher le poète.
    C'est bien dommage, en effet, de ne pouvoir se procurer la poésie de Ben Mohamed.

    Nathalie

    Posté par nathalie, 26 mai 2009 à 22:39
  • reparons linjustice

    Un poéte un Ahadad abwawal de la trompe de M.Benmohamed na pas eu la reconaissance que nous autres berberes lui devons son travail merite une plu grande prise en charge il aut donner au peuple ces creations il faut publier il faut publier nous avons besoin de lire les crétions dhommes pareils il faut pas laisser labsurde prendre le dessus le seul enregistrement quil a fais "Yemma" est introuvable cest pas logique cest pas juste je cherche cet album depuis plus de 15 ans sans le trouver meme si jai apris les textes par coeur mais ca facon est unique nous lui devons dautre normalement et nous avons besoin de lire ces ecrits

    Posté par Idir Omar, 25 avril 2010 à 21:10
  • merci

    merci pour cet éclaircissement

    Posté par ouioui, 21 août 2010 à 16:30
  • merci

    merci pour cet éclaircissement

    Posté par ouioui, 21 août 2010 à 16:38
  • bonjour,
    sur votre blog vous parlez d'un film documentaire consacré à issiakhem, s'il vous plait, est ce que vous pouvez nous indiquer ou est ce que on peut trouver ce film documentaire
    Tanemmirt, Merci

    Posté par aqbayli, 20 décembre 2010 à 23:32
  • Superbe!

    Posté par Angel, 22 décembre 2010 à 10:04
  • Bonjour,
    je suis désolée, je ne retrouve pas le message où je parle de ce documentaire.
    Mais je pense que si je n'ai pas mis de lien menant vers ce film, c'est peut-être parce qu'on ne peut pas le trouver sur ne net.
    Bien à vous,
    Nathalie

    Posté par nathalie, 26 décembre 2010 à 19:02
  • BEN MOHAMED A LA RADIO DE LYON

    Bonjour

    BEN MOHAMED sera en direct au téléphone avec nous ce vendredi 4 février 2011 de 22h à 2h, sur RADIO PLURIEL, une radio associative lyonnaise.

    Hors de LYON (91.5fm, vous pourrez nous écouter sur www.radiopluriel.fr

    Il sera question de poésie, de l'état de la culture en Algérie, en France et l'actualité des révoltes en Afrique du Nord, autre nom de Tamazgha

    Posté par RADIO KABYLE, 03 février 2011 à 01:41
  • Merci !

    Posté par nathalie, 04 février 2011 à 18:55
  • merci

    merci mon oncle je suis fiere d'etre la niece du grand poeme benmohamed je vous souhaite la reussite et plus de creation je vous aime tres fort

    Posté par cici, 02 juin 2012 à 09:30

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