LUCARNE

A travers cette lucarne ovale, vous percevrez un peu de moi. Balade au hasard du chemin, déambulation vers les choses que j'aime. Je ne sais pas où je vais... Je me laisse simplement porter au gré du vent.

02 novembre 2008

Séraphine de Senlis

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Séraphine de Senlis

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"Qui se souvient encore de Séraphine Louis,  dite Séraphine
de Senlis née au village d'Arcy, dans l'Oise le 2 septembre

1864 et morte le 11 décembre 1942, à l'asile psychiatrique
de Clermont-de-l'Oise, puis enterrée à la fosse commune?
Qui se souvient de cette vie cachée, de ce destin prodigieux
qui fit d'une humble femme de ménage, un des plus stupéfiant
peintre halluciné du XXe siècle, rarement exposée aux cimaises
des plus grands musées du monde qui pourtant la conservent
dans leurs réserves ?
Par quel étrange destin, est-elle rayée du monde, oubliée des
histoires de l'art, comme si le passage par la démence avait
tout brûlé derrière elle, ou bien comme si l'exposition de ses
tableaux risquait de provoquer un incendie ?
Que dire de ses délires qu'elle a retranscrits dans sa solitude
d'internée, de son silence obstiné à l'égard des autres malades,
de son refus de peindre, à jamais ?
Que penser de cette peinture incomparable, complètement
inédite, venue de quelles secrètes contrées d'âme, remontées
de quels gouffres obscurs ?
Quelles forces l'ont conduite pour réaliser ces vastes compo-
sitions florales et à qui étaient-elles dédiées ?
Que serait-elle devenue si elle n'avait rencontré un jour un des
plus fameux esthète de son siècle, Wilhelm Uhde, qui la guida
et la protégea jusqu'à ce que la folie s'emparât d'elle ?
Que seraient devenus ces petits tableaux qu'elle exécutait et
échangeait contre de la nourriture ? Auraient-ils connu le même
destin que ceux qu'elle composa plus tard, vastes et puissants,
pourchassés au nom de l'art dégénéré , par les nazis ?
Quelle tendresse et quels émerveillements se cachent derrière
ce visage fruste et rustique ? Quel est le secret de ces mains,
lourdes et épaisses, qui ont tant ciré de parquets et frotté de
linge dans les lavoirs glacés, capables cependant d'inventer de
telles fleurs ?
Quels appels confie-t-elle à ses bouquets ? Que veut-elle nous
dire, elle qui ne sait pas bien s'exprimer ?
Et si la folie de Séraphine, qui l'a plongée dans la nuit la plus
totale, dans l'absence du jugement, avait été le passage obligé
à l'avènement de ses chefs-d'œuvre ?
Et s'il avait fallu traverser tant de douleurs pour atteindre au
secret ? "

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Alain Vircondelet
Séraphine
de la peinture à la folie
Albin Michel

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Séraphine de Senlis  "L'arbre de vie"

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On dit que François d’Assise parlait aux oiseaux. Séraphine de Senlis, elle, parlait aux arbres, aux fleurs, à la nature tout entière. Une véritable mystique, comme Thérèse d’Avila. D’ailleurs, dans le film de Martin Provost, on l’entend la citer de mémoire. Bonne à tout faire chez les riches de Senlis, Séraphine Louis (1864-1942) peignait en secret et pour elle-même de petits tableaux de fleurs et de fruits, obéissant à cette fameuse et impérieuse « nécessité intérieure de tout artiste gagné par le vrai désir de création ». Nul ne l’aurait su sans son improbable rencontre avec Wilhelm Uhde, amateur d’art, ami de Kahnweiler, découvreur de Picasso et du Douanier Rousseau, érudit raffiné chez qui, miracle du hasard, Séraphine Louis fut chargée de faire le ménage, deux ans avant la Grande Guerre. L’histoire de cette femme, remarquablement interprétée par Yolande Moreau, est portée à l’écran, tandis que son œuvre fait l’objet d’une rétrospective. Avec son scénariste Marc Abdelnour, Martin Provost a su éviter le récit anecdotique, la suite de « moments forts », au profit d’une évocation sensible, juste et dépouillée, servie par des acteurs exceptionnels. Un grand et très beau film qui, de surcroît, aide vraiment à la compréhension de la peinture de Séraphine, humble et irréductible.


Sylvie Blin




SERAPHINE par Philippe Vandendriessche
envoyé par asblCinergie


Séraphine Louis est née à Arsy le 3 septembre 1864. Son père était horloger et sa mère fille de fermier. Elle est orpheline à sept ans. C'est sa sœur ainée qui la recueille. D'abord  bergère,elle travaille comme domestique chez les sœurs de la Providence à  Clermont (Oise), à partir de 1881. En 1901, elle travaille comme femme de ménage dans les familles bourgeoises à Senlis. Le collectionneur d'art Wilhelm Uhde, installé à Senlis, découvre ses peintures et lui apporte son soutien. Peignant à la bougie dans un grand isolement, elle accomplit une œuvre considérable. Elle sombre cependant dans la folie,et on l'interne pour « psychose chronique » le 31 janvier 1932à  l'hôpital psychiatrique de Clermont où elle continue à peindre. Elle meurt à 78 ans le 11 décembre 1942 dans l'annexe de l'hôpital à Villers-sous-Erquery, dans le dénuement et les dures conditions des asiles sous l'occupation allemande. Elle est enterrée dans une fosse commune. 

 

Le musée Maillol à Paris, le musée d'art de Senlis, le musée d'art naïf de Nice et le musée d'Art moderne Lille Métropole à Villeneuve-d'Ascq possèdent plusieurs de ses œuvres.

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Le site officiel du film : http://www.seraphine-lefilm.com/

Posté par memoire du vent - Des poètes, des artistes... - Commentaires [24] - Permalien [#]
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Commentaires

  • une belle découverte de cette artiste, l'extrait de la vidéo, me donne envie de voir ce film. Je ne connaissais pas Séraphine.
    Les arbres, la nature, ce sont des sujets que je ressens très profondément.
    Ma grande émotion, était de planter des graines, des jeunes arbres.
    Aujourd'hui, je suis émerveillé par leur beauté.
    Toucher la nature, c'est une sensation merveilleuse.
    Alors ce film, cette artiste, me touche beaucoup.
    J'aime beaucoup Yolande Moreau, par son jeu de rôle, une excellente comédienne.
    Puis j'aime aussi le sujet du film. la vie d'une artiste.
    Un cinéma qui ne peut que m'émouvoir.
    Merci à vous Mémoire du vent.
    Amikalement Sic

    Posté par sic, 02 novembre 2008 à 23:27
  • Il faut voir ce film !
    Yolande Moreau interprète ce personnage au destin tragique avec une sensibilité,
    une sincérité,une justesse formidable.
    J'ai découvert une artiste et une femme qui avait une relation particulière au monde.
    Tout le long de l'histoire, je fus émue.
    C'est un film bouleversant.
    Amicalement
    Nathalie

    Posté par nathalie, 09 novembre 2008 à 19:07
  • parallele

    Ce film est précieux et bouleversant.
    Camille Claudel n'est pas loin.
    Mais ici c'est encore plus douloureux.
    Et puis ces bleus pastel me rappellent "le festin de Babette" version bonheur.
    Femmes sauvages aux mains nus.
    Merci
    Anny Carrère
    Bordeaux

    Posté par Anny, 14 novembre 2008 à 12:20
  • Merci à vous, Anny.
    Je n'ai pas vu "le festin de Babette".
    J'ai lu deux livres très différents sur Camille Claudel.
    Celui d'Anne Delbée intitulé "Une femme"
    et "La robe bleue" de Michèle Desbordes.
    Ces deux livres m'ont beaucoup plu et permis,
    chacun à leur manière, d'imaginer et de découvrir
    la vie tourmentée de Camille Claudel.
    Bien à vous
    Nathalie

    Posté par nathalie, 16 novembre 2008 à 19:22
  • Révélation

    Quel plaisir de voir que la création artistique n'est pas forcément apprentissage mais peut être une révélation. Révélation d'une femme remarquable qui est habitée par la peinture comme une obsession.
    Car j'ai découvert brusquement les qualités exceptionnelles de cette femme et l'éblouissement de sa peinture par ses couleurs,ses détails.
    Révélation aussi d'une comédienne habitée par son personnage et d'une justesse incroyable dans son jeu.
    Le cinéma français a de beaux jours devant lui.

    Posté par yannick, 03 décembre 2008 à 10:15
  • Séraphine

    j'ai eu connaissance de ce film par une amie dont le fils est projectionniste.
    Sans connaître ni l'artiste peintre, ni l'actrice comédienne, dont le jeu est d'une amplitude, d'une justesse qu'on se croirait vivre l'histoire.
    On peut que penser à Camille CLAUDEL, et d'un certain côté se rapprocher de l'héroîne de "l'élégance du hérisson" de Muriel BARBERY.
    Merci de faire revivre ces personnages en nous faisant redécouvrir la nature aussi belle que le peintre magnifiait par ses visions et ses couleurs !!!

    Posté par tokadin, 10 décembre 2008 à 14:03
  • Le film

    Le début du film est lent et monotone, on regrette d'être entré. Puis le film prend de l'ampleur et de l'intéret, on regrette à la fin de sortir

    Posté par Jean Louis, 01 janvier 2009 à 10:40
  • Gratitude

    Toute ma gratitude à Provost de nous faire découvrir le talent d'une femme artiste à peu près inconnue au Québec. L'histoire nous permet de voir son art se déployer comme mille papillons sortis d'une chrysalide...

    Posté par Jocelyne Lavoie, 04 janvier 2009 à 05:29
  • Yolande Moreau

    Je ne connaissais pas cette peintre, mais bien la comédienne. Allez voir ses films, elle est toujours magnifique de simplicité. A part le film "Séraphine", et parmi d'autres, celui que je préfère est le film "quand la mer monte"; un petit bijou.

    Posté par sandalia, 13 janvier 2009 à 11:51
  • Seraphine De Senlis

    Bonjour ou bonsoir! J'ai 10 ans et je regarde deja des filmes de grand(e)s au cinema!
    Mais quand J'ai regarder Seraphine c'etait..."Le filme le plus EPATANT!!!"

    Posté par Chloe Dourron, 21 mars 2009 à 12:14
  • Bonjour, Chloé.
    Tu m'étonnes,
    je n' imaginais pas que ce film puisse intéresser une enfant de 10 ans.
    je te remercie de ton témoignage.
    Quand le DVD sortira, je le proposerai à ma fille Lila qui a ton age.
    Merci.
    Nathalie

    Posté par nathalie, 23 mars 2009 à 20:12
  • le debut est quelconque, mais on se prend vite à
    l'intéret et la beauté du jeu de l'artiste.
    Dommage qu'il soit un peu sombre , peut-etre que
    dans une grande salle il sera plus clair.
    je l'ai vu en ciné-club, donc en DVD.
    mais j'irai le revoir en salle.

    Posté par Jeanne, 24 avril 2009 à 21:17
  • L'inspiration

    Ce film est bouleversant de beauté à l'état pur,
    je le recommande à toutes mes amies.

    Posté par Chantal, 25 avril 2009 à 11:54
  • Séraphine...

    Je viens de regarder le film et je suis encore
    sous l’emprise de l’émotion.

    L’authenticité de Séraphine la place en
    situation de marginale,tant il est vraisemblable
    qu’elle ait eu besoin de se mettre à distance
    de tout affects extérieurs à son travail quand
    elle peint…Je ne connais pas de génies qui est
    échappé aux turbulences de la boissons, de la
    drogue…afin de s’extérioriser pleinement.

    Qui est fou ?

    La vie culturelle et artistique sans les œuvres de ces Artistes serait plutôt grise.

    Merci à eux et à Yolande Moreau qui est épatante de vérité dans ce rôle.

    Bien à vous.

    André

    Posté par Aiello, 25 avril 2009 à 17:02
  • SERAPHINE

    Je viens de voir le film. Yolande Moreau est véritablement habitée par le personnage. Elle est Séraphine...
    l'histoire de ce peintre est tragique mais c'est un bonheur d'avoir pu, à travers ce film, en faire la rencontre.
    Danielle

    Posté par FRANCOIS, 01 mai 2009 à 20:22
  • je vous conseille, si vous souhaitez poursuivre la rencontre avec Séraphine,
    ce livre fort intéressant
    "Séraphine
    de la peinture à la folie"
    d'Alain Vircondelet
    aux Editions Albin Michel.

    Posté par nathalie, 09 mai 2009 à 22:59
  • Bonjour
    Quelle image tourmentée de la peinture transmise par le film.
    Je vois la peinture plus heureuse.

    Posté par Les ateliers, 11 mai 2009 à 22:20
  • Très émouvant

    J'ai entendu parler du film "Séraphine" à sa sortie dans les salles et j'ai pris un immense plaisir à le voir en DVD.
    Belle narration et mise en scène réussie de Martin Provost, les personnages sont remarquables d'authenticité et touchants par leur simplicité, les acteurs sont vraiment à la hauteur des émotions suggérées. Ce film a eu le mérite de me révéler l'existence et la vie de Séraphine de Senlis, peintre inconnue de moi et dont je trouve l'œuvre très belle.
    La peinture ainsi inspirée par l'âme est extraordinaire, elle ne traduit pas à mes yeux la douleur mais l'extase...La folie n'est pas la suite logique de la peinture de Séraphine mais plutôt celle de sa solitude.
    Merci de votre présentation et de votre accueil sur ce blog.
    Bien cordialement

    Posté par Michka, 17 mai 2009 à 19:37
  • epoustouflant

    Je me suis régalée a visionner ce merveilleux film
    Séraphine" inconnue jusqu'à ce jour, mais désormais inoubliable, émouvant, enchanteur..;bravo belle réalisation, interprétation exceptionnelle, paysages magnifiques, presque magiques!
    Ce film, et le personnage vont fortement influencer ma peinture, qui semble trouver la réponse ou plutôt, l'explication !
    merci

    Posté par france, 30 mai 2009 à 19:42
  • âme de Séraphine

    c'était hier la seconde fois que je voyais ce film au cinéma. la premiére fois, c'était à Senlis, la seconde, ici à Santiago du Chili. L'émotion fut plus forte encore ici qu'à Senlis, peut-être est-ce dû à l'éloignement ou à la vue d'images d'une ville que j'ai parcourue si souvent et que j'aime. Je crois surtout, que j'ai été, par le jeu si en nuances de Yolande Moreau, "touché" par l'âme si pure de Séraphine.
    Elle fut l'égale des plus grands peintres de son époque et elle eut un destin hors du commun. Quelquefois, la spiritualité de tel personnage me donne le regret de ne pas croire en dieu.

    Posté par gillou, 02 août 2010 à 21:56
  • SUPERBE!

    Posté par grand-mère, 05 décembre 2010 à 15:18
  • séraphine

    Quelle émotion et quelle tragédie ,dommage qu'elle soit si peu connue .Le film est magnifique

    Posté par tansens, 31 décembre 2010 à 11:05
  • Seraphine La Pieuse ou l'écologiste

    Seraphine ne cesse de nous bousculer, de nous interroger sur notre propre condition, et sur le destin de l'Humanité, Pourquoi me dirais vous ?Elle est entrée entière dans le royaume de l'art Et c'est corps et ame que son destin c'est diluer dans sa peinture . Sa foie la transpercé comme sa peinture nous transperce. Sa recherche inscencé et pleine de croyances nous boulverse nous transporte Toute son oeuvre est lié à la nature et se lie à notre instinct. Elle n'attend pas elle s'ouvre au monde et sa main précède sa vision elle est L'instrument qui nous dit ou allons nous? qui sommes nous? que faisons nous?...

    Posté par Sourdenuit, 22 septembre 2011 à 23:49
  • séraphine

    J'ai regardé le film par hasard et qu'elle surprise de découvrir son histoire, magnifique, émouvant, dommage que ses œuvres ne sont pas exposées, où peut-on les découvrir.

    Posté par ursula, 10 septembre 2013 à 20:03

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