LUCARNE

A travers cette lucarne ovale, vous percevrez un peu de moi. Balade au hasard du chemin, déambulation vers les choses que j'aime. Je ne sais pas où je vais... Je me laisse simplement porter au gré du vent.

28 février 2007

Nabile Farès

L'éxil et le désarroi


Issiakhem_Soleil_noir_1969


J'ai vu
et, j'ai lentement traversé le dérisoire lieu du retour.
traversé la cour
où nulle herbe ne pousse
où nulle parole ne parvient
où nulle offrande n'existe.
Ainsi
j'ai poussé la porte du lieu, et ma gorge s'est gonflée de colère, haine, désespoir.
J'ai poussé la porte du lieu, et, j'ai vu
L'agneau mort.
Celui dont j'aurais pu être le gardien coutumier pour notre bonheur.
Innocence.
J'ai poussé la porte du lieu et, quelque chose s'est brisé en moi.
Comme une larme.
Ou, un plaisir.
Désanimé.
J'ai poussé la porte du lieu, et, j'ai pu parvenir à l'intérieur de ma durée, car l'intérieur venait de se fissurer.
C'est alors que je me suis mis à frapper.
Oui : à frapper.
Le long cou de la terre.
Et son insignifiance immédiate.
J'ai frappé.
Pour que la terre parle. Dise. Parle.
Comme nous. A son tour. Du malheur.
Du bonheur.
De la vérité. De nos Ignorances.

Nabile Farès

Extrait 
L'Exil et le Désarroi
Maspéro, 1976

source
Nourredine Saadi parle de Nabile farès ici

Peinture de M'Hamed Issiakhem
Soleil noir. 1969.       

Huile sur toile 59,5 x 48,5.
(Collection Inal.)
source

A propos de Nabile Farès

Né le 25 septembre 1940 à Collo
Vit à Paris et à Annecy
Étudies en Algérie puis en France. Doctorat de IIIe cycle en sociologie,
thèse d'état en philosophie et sciences humaines.
A enseigné en France, en Espagne, en Algérie, de nouveau en France,
maître de conférences en littérature comparée à l'université Stendhal-
Grenoble III.
Textes pour le théâtre : "Dialogues d'immigrés en France", "Histoire de
Malika et de quelques autres", "La Nuit de Benjamin", "Textes écrits
contre  un  pays défunt",  "Corps  tombés de guerres obscures",
"La Vie d'Héphaïstos", "Complainte des enfants du XXIe siècle".
Nabile Farès est psychanalyste. N.F.

A propos de M'hamed Issiakhem ( 1928-1985 )

M'Hamed Issiakhem est né le 17 juin 1928 au douar Djennan.
C'est  l'un des plus prestigieux artistes de l'Algérie contemporaine.
Il a  exercé une influence majeure sur la peinture moderne de ce grand pays du Magheb.

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27 février 2007

La gitane

dessin_Jeanne_7_ans

                                                  Jeanne

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Pour Blanche

photoB


Si même...

.
Si même il ne restait qu'un écriteau sur terre :
"défense de pêcher car c'est notre rivière" :
        nous serions révolutionnaires.

Si même il ne restait qu'un prince sur la terre,
qu'un prince et sa couronne et son divin mystère,
        nous serions révolutionnaires.

Si même il ne restait, aux confins de la terre,
qu'un douanier gardant un mètre de frontière,
       nous serions révolutionnaires.

Si même il ne restait qu'un canon sur la terre,
rien qu'un canon et rien qu'un dernier jour de guerre,
       nous serions révolutionnaires.

Si même il ne restait qu'un bagne sur la terre,
qu'une seule catin, qu'une seule misère,
       nous serions révolutionnaires.

Et s'il ne restait sur la terre,
Sur terre, parmi nous enfin
qu'un prolétaire avec sa faim,
nous serions
 révolutionnaires.

Robert Ganzo
                                                         ici

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Kamel YAHIAOUI. Biographie

Artiste algérien  originaire  d'Azefoun  (Kabylie),
Kamel  YAHIAOUI  a  grandi  dans  la  casbah  d'Alger.
Très  tôt  adepte de  la  poésie  et de la  chanson  chaabi,
ses  prédispositions  pour   le dessin et  la  peinture pren-
nent  le dessus et  l'orientent  vers  l'école des Beaux Arts
d'Alger d'où  il ressort  avant la fin de son cursus en 1990.
L'enseignement académique qu'il y reçoit et qu'il applique
avec   rigueur  contrarie  ses  préoccupations   profondes.
Il finit  par donner  libre court  à son imagination et  libère
définitivement  son geste et ses moyens d'expression qu'il
diversifie.
Très vite il investit des supports révélateurs de sa person-
nalité  engagée contre  l'injustice  sociale qu'il  subit  avec
ses   semblables des quartiers populaires d'Alger.
Cet engagement,  il l'affirme avec force dans ses premiers
travaux, " La  sueur  des  pauvres", sur  les  dockers qu'il
rencontre au  bain  maure de Soustara où  il  lui  arrive de
passer  la  nuit pour faire face à  la crise de  logement qui 
sévit  alors et qui  touche encore  aujourd'hui  une grande
partie de la population de la casbah.
Suite aux  événements  d'octobre  1988 où  plus de  400
personnes  ont  trouvé  la  mort  et  où  des  centaines de
jeunes sont arrêtés et torturés,  il entame un travail contre 
la torture : « On torture les torturés ».
Il quitte alors l'Algérie en 1990 pour s'installer en France.
Il obtient une bourse à l'école des Beaux Arts de Nantes
où il  consacre  une  année entière à  son  nouvel  espace
d'expression.
Il  évolue entre plusieurs approches plastiques et fusionne
ses  observations  urgentes  dans  des objets  cadavéreux 
qu'il  réanime comme un  chirurgien, traitant des sujets de
l ' environnement  social  et  de  la morphologie des  êtres
demeurant .
La condition humaine prend  une place considérable dans
son  oeuvre.  Il  dénonce  sans  ambiguïté  l'intégrisme qui
sème  la  terreur  en  Algérie avec sa  série « Tragédie sur
scène ».
En  1992  il  s'installe  à Paris dans son  atelier de la rue des 
Thermopyles (14ème arrondissement) et entame une longue
quête sur la mémoire identitaire.
Il se positionne comme artiste africain, soulignant :
« Ce n'est que le nègre en moi qui s'exprime ».
Commence  alors  le  travail  sur  les  valises,  trois  séries de
valises se  suivent dont deux  reposent  sur  l'oeuvre littéraire
de kateb Yacine : "Mohamed reprend ta valise", "la valise un
toit ambulant" et très récemment  "les ancetres redoublent de
férocité".
kamel Yahiaoui dit à bon escient de la valise "je n'en finis pas
avec la valise c'est mon domicile ".
Il travaille avec acharnement sur des sujets graves.  Plusieurs
séries d'oeuvres s'enchaînent : « Spasmofolies »,  « Les cher-
cheurs du jour »,  « Le  square  des  innocents »,  « L'homme
manuscrit », « L'homme et son état »,  « Les enfants des Inti-
fadas »,  « La mémoire séquestrée »,  « Les enfants soldats ».
La mort de son père le conduit à l'affrontement plastique avec
la mort :  il réalise un travail   "le linge du peuple" à  partir  des
vêtements que portait son père avant sa mort.
Il  porte  un  regard  critique sur  les  violences raciales et anti-
sémites  qu 'il  dénonce  énergiquement  dans  un travail  mûre-
ment réfléchi sur les déportations.  Son hommage aux victimes
de la Shoa déplaît aux négationnistes et aux intégristes de tous
bords qui le condamnent violemment, l'incitant à renoncer à ce
travail .   Mais  Kame l Yahiaoui  ne se  laisse pas  intimider et
persiste obstinément  dans sa tâche. Dans une lettre digne d'un
manifeste contre la haine des Hommes,  il considère son action
comme un devoir.
Incontestablement, face à l'oeuvre de Kamel Yahiaoui, la vie à
un sens.    Ses  personnages  témoignent  contre  les  obscures
dominations et manifestent de la résistance.
Kamel Yahiaoui ne fait aucune concession dès lors que la dignité
humaine est en jeu.  Il  vit d ans son art et il invite généreusement  
les  spectateurs  à   y  entrer et  partager  avec lui  ses  émotions, 
ses indignations. Il  déclare :  « Le jour où  j'arrêterai de peindre, 
il faudra préparer mon cercueil. »
Il écrit aussi des poèmes, une pratique qu'il  tient de sa famille où
la poésie de  tradition orale a  toujours été à l'honneur.  Plusieurs
poètes ont  inspiré  ses oeuvres.  « El Meknassia »,  une  cassida 
écrite par Sidi Kaddour El'Alami et chanté par El Hadj El-Anka,
l 'a   marqué  à  un  tel  point qu 'il  lui   consacre  une  installation
audiovisuelle. Il dit à son propos : « Quand j'écoute cette  plainte,
mon âme s'enflamme de mille feux ».
Il vit et travaille à Paris et expose ses oeuvres à travers le monde,
au-delà  des frontières.  Ses oeuvres figurent dans des musées et
dans plusieurs  collections prestigieuses d'art contemporain.


N CLAUD
.

Dans "Catégories" en haut à droite,
vous avez une page consacrée à l'artiste avec des poèmes et des œuvres envoyés par Kamel.

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26 février 2007

Roger Blin

.

J'ai eu la chance de croiser cet homme en 1979 dans un  petit théâtre de Montparnasse où il était venu voir le travail de Gérard Vernay jeune metteur en scène sorti de l'école de Françoise Le Bail, qui créait une pièce de Robert Pinget "Abel et Bela". A l'époque j’ignorai tout de ce grand  homme de  théâtre  mais je me souviens de sa formidable présence et de cette voix si particulière.

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"Le destin d’homme de théâtre de Roger Blin fut très tôt scellé par sa rencontre avec Antonin Artaud et Jacques Prévert qui le fit entrer dans le groupe Octobre. Passionné de dessin et de cinéma, le jeune Blin se dirigea vers la scène. Il participa aux spectacles de Jean-Louis Barrault avant de signer ses premières mises en scène. C’est après avoir assisté à La Sonate des spectres de Strindberg (1948) que Samuel Beckett lui proposa de monter En attendant Godot. La pièce, créée le 5 janvier 1953 au Théâtre Babylone, marqua une rupture radicale dans l’histoire du théâtre contemporain. Sa collaboration avec Samuel Beckett fut longue et fructueuse ; il en fut de même avec Jean Genet, dont il mit en scène Les Nègres en 1959 et Les Paravents en 1966 à l’Odéon-Théâtre de France. Roger Blin mit son talent au service des plus grands auteurs contemporains comme Arthur Adamov, Roland Dubillard ou Slawomir Mrozek. Les grands entretiens donnés par Roger Blin au cours de sa carrière ont été publiés par les soins de Linda Bellity Peskine aux Éditions Gallimard, sous le titre Souvenirs et propos."

source


ROGER BLIN parle d'Artaud et Breton
envoyé par MELMOTH 

 

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Kiril Kadiisski

                              Mansarde
.
.

Le jour naît. Sur le bord des toits bleus
passe en vélo suranné un monsieur distingué.

Toute la nuit il a voyagé là-haut dans l'obscurité

et voilà des étoiles collées sur sa cape et son chapeau.

Un train halète au loin et tu crois qu'il fait vibrer
les villages inondés de gris accrochés dans le bleu.

On  voit d'ici  le faubourg  avec ses  briqueteries  qui  fument;
la ville tremble sous la brume solaire; écoute l'oiseau de midi:

une note aiguë,  un filet pourpre et chaud  coule  le long de la
                                                                    [voûte celeste.
C'est du sang qu'il faut et pas seulement la douleur pour payer
                                                                     [une chanson.   

Toute la journée le ramoneur a travaillé,  son dos tanné brûle,    
les oiseaux de leur vol lui rafraîchissent   les épaules.

Jusqu'au jour où une fraîcheur étrange le transpercera
et il s'envolera comme de la suie dans le ciel  toujours
                                                            [plus bleu...

Il bruine. Une étincelle jaillit de la cheminée sans s éteindre
                                                              [malgré la pluie,
c'est un moineau qui prend son bain à la fraîche, éclairé par
                                                                  [ le couchant.

Un avion  sous le ciel tend un  câble  d'argent
et le soleil, wagonnet embrasé, glisse dessus.


                                    *

La nuit tombe. Le voilà tout bleu le bureau de Dieu.
Des parchemins durs et patinés traînent dessus.
Quelqu'un là a tout écrit sur toi.
Tu t'en fiches. Un arc-en-ciel fait la roue au dessus des tuiles.
Peut-être une comète a-t-elle troué le toit
et sa traîne brille-t-elle dehors féerique.
Est-ce un signe ? Tu connais ton avenir
et ta marche est heureuse à cette heure.
Tu attends la nuit; dans la semelle humide du ciel
tu cloueras un fer d'or en sifflotant...
A travers les arbres tu es moucheté des lumières du café.
Tu y pénètre. Dedans il y a foule.
Pénombre. La lampe à l'abat-jour frisotté,
enfumée, salie par les mouches,
est fixée au plafond par une longue aiguille
tel un papillon fantastique.
Peut-être que demain on fixera par une épingle
ton âme délicate sur le ciel...
Tu seras seul sur ton chemin. Que feras-tu ?
Le soleil bringuebale sur le flanc de la montagne
comme un autobus rouge et poussiéreux
et ramène les gens chez eux.

Tu suis l'allée. C'est le bout du parc
et la lune, chauve-souris jaune, s'envole des branches.
Tout a une fin. Mais tu ne veux pas rentrer,
tu vas chercher le troupeau de nuages.
Il y a une heure les moutons ont traversé le pré céleste
et une pluie d'or a rempli les empreintes de leurs sabots.


Kirik Kadiiski
Concerts célestes
poésie
le cherche midi


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25 février 2007

Frère et soeur

1_270

Chien et chat

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24 février 2007

Pierre Reverdy

Pour ceux que cela intéresse

Dans la page consacrée au poète Pierre Reverdy ICI ,
j'ai rajouté la vidéo  d'une émission diffusée sur France Culture
le 15 10 2006.
On y découvre la voix de Reverdy, cette belle voix à l’accent qui roule,
ses poèmes lus par lui-même ainsi que par Michel Bouquet, Alain Cuny,
André Du Bouchet.
le témoignage de  Jacques Dupin, François Chapon, Gil Jouanard, Anne
de Staël, Robert Bober réalisateur du documentaire "Reverdy"
( écrit par PierreDumayet )., Etienne- Alain Hubert, Guy Goffette,
Jean Maison.

Cette émission est formidable ! 


J'en profite pour remercier
Melmoth d'avoir mis cette vidéo à disposition

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On n'est pas n'importe qui

Jeanne_tulipe3531189
 

Quand tu rencontres un arbre dans la rue,
dis-lui bonjour sans attendre qu'il te salue. C'est
distrait, les arbres.
Si c'est un vieux, dis-lui « Monsieur». De toute
façon, appelle-le par son nom: Chêne, Bouleau,
Sapin, Tilleul... Il y sera sensible.
Au besoin aide-le à traverser. Les arbres, ça
n'est pas encore habitué à toutes ces autos.
Même chose avec les fleurs, les oiseaux, les
poissons: appelle-les par leur nom de famille.
On n'est pas n'importe qui ! Si tu veux être tout
à fait gentil, dis « Madame la Rose» à l'églantine;
on oublie un peu trop qu'elle y a droit.

Jean Rousselot
Petits poèmes pour coeurs pas cuits
Editions St- Germain-des-Prés

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Rousselot

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22 février 2007

Chez_eux_5

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