27 février 2007
La gitane
Jeanne
Pour Blanche

Si même...
.
Si même il ne restait qu'un écriteau sur terre :
"défense de pêcher car c'est notre rivière" :
nous serions révolutionnaires.
Si même il ne restait qu'un prince sur la terre,
qu'un prince et sa couronne et son divin mystère,
nous serions révolutionnaires.
Si même il ne restait, aux confins de la terre,
qu'un douanier gardant un mètre de frontière,
nous serions révolutionnaires.
Si même il ne restait qu'un canon sur la terre,
rien qu'un canon et rien qu'un dernier jour de guerre,
nous serions révolutionnaires.
Si même il ne restait qu'un bagne sur la terre,
qu'une seule catin, qu'une seule misère,
nous serions révolutionnaires.
Et s'il ne restait sur la terre,
Sur terre, parmi nous enfin
qu'un prolétaire avec sa faim,
nous serions révolutionnaires.
Robert Ganzo
ici
Kamel YAHIAOUI. Biographie
Artiste algérien originaire d'Azefoun (Kabylie),
Kamel YAHIAOUI a grandi dans la casbah d'Alger.
Très tôt adepte de la poésie et de la chanson chaabi,
ses prédispositions pour le dessin et la peinture pren-
nent le dessus et l'orientent vers l'école des Beaux Arts
d'Alger d'où il ressort avant la fin de son cursus en 1990.
L'enseignement académique qu'il y reçoit et qu'il applique
avec rigueur contrarie ses préoccupations profondes.
Il finit par donner libre court à son imagination et libère
définitivement son geste et ses moyens d'expression qu'il
diversifie.
Très vite il investit des supports révélateurs de sa person-
nalité engagée contre l'injustice sociale qu'il subit avec
ses semblables des quartiers populaires d'Alger.
Cet engagement, il l'affirme avec force dans ses premiers
travaux, " La sueur des pauvres", sur les dockers qu'il
rencontre au bain maure de Soustara où il lui arrive de
passer la nuit pour faire face à la crise de logement qui
sévit alors et qui touche encore aujourd'hui une grande
partie de la population de la casbah.
Suite aux événements d'octobre 1988 où plus de 400
personnes ont trouvé la mort et où des centaines de
jeunes sont arrêtés et torturés, il entame un travail contre
la torture : « On torture les torturés ».
Il quitte alors l'Algérie en 1990 pour s'installer en France.
Il obtient une bourse à l'école des Beaux Arts de Nantes
où il consacre une année entière à son nouvel espace
d'expression.
Il évolue entre plusieurs approches plastiques et fusionne
ses observations urgentes dans des objets cadavéreux
qu'il réanime comme un chirurgien, traitant des sujets de
l ' environnement social et de la morphologie des êtres
demeurant .
La condition humaine prend une place considérable dans
son oeuvre. Il dénonce sans ambiguïté l'intégrisme qui
sème la terreur en Algérie avec sa série « Tragédie sur
scène ».
En 1992 il s'installe à Paris dans son atelier de la rue des
Thermopyles (14ème arrondissement) et entame une longue
quête sur la mémoire identitaire.
Il se positionne comme artiste africain, soulignant :
« Ce n'est que le nègre en moi qui s'exprime ».
Commence alors le travail sur les valises, trois séries de
valises se suivent dont deux reposent sur l'oeuvre littéraire
de kateb Yacine : "Mohamed reprend ta valise", "la valise un
toit ambulant" et très récemment "les ancetres redoublent de
férocité".
kamel Yahiaoui dit à bon escient de la valise "je n'en finis pas
avec la valise c'est mon domicile ".
Il travaille avec acharnement sur des sujets graves. Plusieurs
séries d'oeuvres s'enchaînent : « Spasmofolies », « Les cher-
cheurs du jour », « Le square des innocents », « L'homme
manuscrit », « L'homme et son état », « Les enfants des Inti-
fadas », « La mémoire séquestrée », « Les enfants soldats ».
La mort de son père le conduit à l'affrontement plastique avec
la mort : il réalise un travail "le linge du peuple" à partir des
vêtements que portait son père
avant sa mort.
Il porte un regard critique sur les violences raciales et anti-
sémites qu 'il dénonce énergiquement dans un travail mûre-
ment réfléchi sur les déportations. Son hommage aux victimes
de la Shoa déplaît aux négationnistes et aux intégristes de tous
bords qui le condamnent violemment, l'incitant à renoncer à
ce
travail . Mais Kame l Yahiaoui ne se laisse pas intimider et
persiste obstinément dans sa tâche. Dans une lettre
digne d'un
manifeste contre la haine des Hommes, il considère son action
comme un devoir.
Incontestablement, face à l'oeuvre de Kamel Yahiaoui, la vie à
un sens. Ses personnages témoignent contre les obscures
dominations et manifestent de la résistance.
Kamel Yahiaoui ne fait aucune concession dès lors que la dignité
humaine est en jeu. Il vit d ans son art et il invite généreusement
les spectateurs
à y entrer
et partager avec lui ses émotions,
ses indignations. Il déclare : « Le jour où j'arrêterai de peindre,
il faudra préparer mon cercueil. »
Il écrit aussi des poèmes, une pratique qu'il tient de sa famille où
la poésie de tradition orale a toujours été à l'honneur. Plusieurs
poètes ont inspiré ses oeuvres. « El Meknassia », une cassida
écrite par Sidi Kaddour El'Alami et chanté par El Hadj El-Anka,
l 'a marqué à un tel point qu 'il lui consacre une
installation
audiovisuelle. Il dit à son propos : « Quand j'écoute cette plainte,
mon âme s'enflamme de mille feux ».
Il vit et travaille à Paris et expose ses oeuvres à travers le monde,
au-delà des frontières. Ses oeuvres figurent dans des musées et
dans plusieurs collections prestigieuses d'art contemporain.
N CLAUD
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Dans "Catégories" en haut à droite,
vous avez une page consacrée à l'artiste avec des poèmes et des œuvres envoyés par Kamel.




















































































