LUCARNE

A travers cette lucarne ovale, vous percevrez un peu de moi. Balade au hasard du chemin, déambulation vers les choses que j'aime. Je ne sais pas où je vais... Je me laisse simplement porter au gré du vent.

24 juin 2006

SWING de Tony Gatlif

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Pour Adèle

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swing

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Max, fils unique, est âgé d’une dizaine d’années.

C’est un fan de jazz manouche qu’il a découvert

en écoutant jouer Miraldo, un virtuose de la gui-

tare. Cette musique devient sa passion et le con-

duit vers le quartier des manouches où il achète

une vieille guitare ? Grâce aux cours que Miraldo

veut bien lui donner, Max va faire l’apprentissage

de la musique et de la culture manouche. Très vite,

il devient l’ami de Swing, jeune manouche de son

âge  qui le fascine par son magnétisme, son assu-

rance et sa liberté.

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«  J’ai choisi de mettre en scène un enfant, Max,

avec son regard pur, sans a priori, sans préjugés,

face à un monde qu’il ne connaît pas. Mais , dans

mes films, on retrouve souvent l’idée d’un indivi-

du qui s’aventure dans un lieu, une ethnie ou une

communauté qu’il ne connaît pas.

Max vient chez les gitans pour chercher  une gui-

tare, c’est la musique qui fait le lien. Max est initié

à tout un mode de vie différent du sien. Il va décou-

vrir ce monde parce qu’il est précisément dépourvu

d’a priori et totalement détaché du monde de sa mère

qui passe sa vie à s’agiter avec son téléphone portable.

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Entre ces deux enfants, c’est la culture de l’écrit et le

monde de l’oral. Max éprouve le besoin d’écrire ses

souvenirs. Pour Swing, écrire, ça ne représente rien,

elle ne sait pas lire. Chez les gitans, cette culture,

cette transmission orale a été en partie anéantie avec

les camps nazis. »

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«  On a planté nos caméras au cœur des quartiers du Neuhof

et de la cité des Aviateurs, des quartiers de Strasbourg.

C’est la que vit Tchavolo Schmitt »

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                      Tchavolo Schmitt

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Quelle est l’importance de cette communauté manouche qui

Vit dans les cités de Strasbourg ?

« - Plus de mille personnes. Ce sont des manouches sédentarisés

vivant en France depuis plusieurs générations. Ils parlent le sinti,

du rom mélangé à l’alsacien. Ils vivent dans des caravanes et des

petites maisons construites en préfabriqué dont on peut transpercer

les murs avec le doigt ! Leur musique est beaucoup plus jazz, plus

swing, c’est du Django Reinhardt. »

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Comme on le voit dans le film, quand un gitan meure, on brûle

Ses affaires, sa caravane.

« - La relation à la mort est très forte et très ambiguë chez les

gitans. En effet, dans le passé, quand un gitan mourait, on brûlait

toutes ses affaires pour qu’il  ne revienne pas. Il n’y avait plus au-

cune trace de sa vie, on ne citait jamais le nom d’un mort.

Les gitans n’ont jamais eu de cimetière ni de tombe jusqu’à il y a,

à peu près, cinquante ans. C’est une tradition ancestrale, certains

puristes l’observent toujours, mais elle  a tendance à disparaître. »

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Les gitans, peuple libre mais persécuté

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                   Hélène Mershtein

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Vous filmez la fête, la joie de vivre, mais vous consacrez aussi

une séquence au génocide des gitans.

«  - C’est un sujet difficile à traiter. Les rares manouches ayant

réussi à sortir vivants de cette période hésitent à en parler, voire

n’en parlent pas du tout. Je cherchais une femme manouche qui

accepterait de parler de sa déportation et j’ai trouvé Hélène Mershtein.

Cette scène de la grand-mère est filmée comme un documentaire.

«  - J’ai refusé toute idée de mise en scène pour cette séquence

précise. La caméra était simplement posée là et j’ai laissé à

Hélène la liberté totale de raconter son histoire : on l’a enlevée,

elle et toute sa famille. Ils ont tout laissé sur le bord de la route,

les roulottes, les animaux, le feu qui brûlait…Il y a eu environ

500 000 gitans morts en déportation, c’est énorme pour ce peuple.

Peu de vieux sont revenus. Depuis, il y a un grave problème de

transmission. Depuis l’holocauste, les gitans ne sont plus comme

avant, ils ont changé leur façon de vivre en suivant l’évolution de

la société. Leur musique est subversive. Une musique que l’on

n'apprend pas avec les yeux sur une partition, mais avec le cœur

et l’oreille.

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Quelle est l’influence de la musique sur la mise en scène ?

« - La musique est cette liberté qui me donne le souffle de faire

mes films, le souffle d’aller à la rencontre  des autres dans le monde.

Ce film ne pouvait se concevoir sans musique.

Elle symbolise la liberté d’une enfant comme Swing. Et c’est pour

découvrir ce style de musique étrangère à sa culture que Max va

chez les manouches. La musique rythme l’ensemble du film. Nous

avons travaillé pendant trois mois avec Tchavolo et Mondino sur

une adaptation des « Yeux noirs » en mêlant des influences

manouches, arabes et yiddish. »

Extrait de l’entretien avec Tony Gatlif

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Commentaires

  • Quand j'aurai trouvé le moyen de mettre le son ici, vous pourrez écouter cette merveilleuse musique.

    Posté par Nathalie, 24 juin 2006 à 17:23
  • je me lance enfin pour un petit commentaire...merci d'avoir pensé à moi pour parler de ce film que j'aime tant et qui m'a en partie initié au jazz manouche...un film magnifique que je conseil à tous!!!

    Posté par délou, 17 juillet 2006 à 22:23
  • Je viens de découvrir "le petit monde de délou"
    Super !
    Je n'ai pas fait le test ciné, trop difficile pour moi!
    Je suis ravie de me savoir parmi tes blogs amis.

    Bises Adèle

    Nathalie

    Posté par Nathalie, 18 juillet 2006 à 17:16

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