LUCARNE

A travers cette lucarne ovale, vous percevrez un peu de moi. Balade au hasard du chemin, déambulation vers les choses que j'aime. Je ne sais pas où je vais... Je me laisse simplement porter au gré du vent.

27 novembre 2005

Quand Jeanne dessine...

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26 novembre 2005

Cauchemar

       

J’ai trouvé ton image

Sur le mur de la chambre

Telle une ombre chinoise

Apportée par la nuit

Reflet du lampadaire

Seul un œil brillait

Terrifiée j’ai plongé

Dans les prunelles noires

À la lueur de tes yeux

Je me suis dirigée

Jusqu’à  trouver ton corps

Absent froid et fermé

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Pour Jubilation

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 L’église habillée de feuilles

( …)

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Le poète, tandis que l’été s’élevait,

disait : Je ne sais rien de ce que Vous savez,

ô mon Dieu qui vivez dans le cœur de mon âme !

Et l’azur respirait sur lui comme une flamme.

Et alors, tout empli du large et profond souffle,

il rendait à l’azur ce souffle par sa bouche.

(…)

 11

Maintenant, ô mon Dieu, je sais que chaque chose

Porte en soi son Mystère et que Vous le savez.

Ceci est un caillou, ceci est une rose,

ceci est une femme et ceci un baiser.

Mon Père approchez-vous. Maître, je Vous appelle.

Inspirez-moi comme le vent qui fait pleurer,

qui fait pleurer d’amour autour de la chapelle,

pleurer comme la pluie le chagrin des lauriers !

(…)

 18

O mon Ange gardien, toi que j’ai laissé là

pour ce beau corps blanc comme un tapis de lilas :

Je suis seul aujourd’hui. Tiens ma main dans ta main.

O mon Ange gardien, toi que j’ai laissé là

quand ma force éclatait dans l’Eté de ma joie :

Je suis triste aujourd’hui. Tiens ma main dans ta main.

O mon Ange gardien, toi que j’ai laissé là

Quand je foulais d’un pied prodigue l’or des bois :

Je suis pauvre aujourd’hui. Tiens ma main dans ta main.

O mon Ange gardien, toi que j’ai laissé la

quand je rêvais devant la neige sur les toits.

Je ne sais plus rêver. Tiens ma main dans ta main.

(…) 

 20

La lune dans la nuit fait songer à la Terre.

Le silence, fermant les yeux entre en prière.

FRANCIS JAMMES Clairières dans le ciel

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25 novembre 2005

La métaphysique du corps

La métaphysique du corps s’entr’aperçoit

dans les images. L’âme du corps

module en chaque fragment sa musique

de sphères et d’essences

au-delà de la simple chaire et de simples ongles.

Dans chaque silence du corps on identifie

la ligne du sens universel

qui a la forme brève et transitive imprime

la solennelle marque des dieux

et du rêve.

Parmi les feuilles, on surprend

dans la dernière nymphe

ce qui dans la femme est encore branche et rosée ;

et, plus que nature, pensée

de l’unité initiale du monde :

femme plante brise mer,

son être tellurique, spontané,

comme si elle était un rameau de l’arbre

infini qui condense

le miel, le soleil, le sel, le souffle âcre de la vie.

Dans l’extase et le tremblement plonge le regard

devant la lumineuse fesse opalescente,

la cuisse, le ventre sacré, assigné

à l’office d’exister, et puis tout ce que le corps

résume de l’autre vie, plus florissante,

dans laquelle nous avons tous été terre, sève et amour.

Voici que se révèle l’être, dans la transparence

De l’enveloppe parfaite.

CARLOS DRUMMOND
DE ANDRADE La machine du monde

   et autres poèmes

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24 novembre 2005

Les dessins de Lila

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L'océan

Loin des chiens hargneux

Et des béliers du troupeau,

Mes compagnons de tout repos,

Se partagent le manteau bleu,

On n’y peut rien, c’est le jeu.

Ô troupeau de vagues bleues !

Le monde imaginaire reste heureux

Jusqu’à la limite des sables mouvants

Où le désespoir privé de manteau

Renie la terre, désavoue l’eau,

Mais chacun sait qu’il n’y a point

Point de passeur devant l’océan.

Ensablé ainsi jusqu’à la hauteur

Des tempêtes qui filent vers l’intérieur,

L’homme comme la dune déplace ses plis ;

Rien n’est donné et tout sera repris

Chaque fois que dans le trou noir du cadenas

S’allumera le phare lointain et petit

Pour annoncer qu’il n’y a pas de dieux révélés

Mais il y a de nouveaux roulis.

Il y en a qui émergent d’un océan d’effroi

Quand la poitrine se soulève, quand on la broie,

Il y a le sable, il y a le vent, il y a le phare,

Il y a le coeur égaré en avant de ses remparts.

ARMEN LUBIN Le passager clandestin

Sainte patience

Les hautes terrasses

                                                             ICI

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21 novembre 2005

SEUIL

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Vêtu de blanc.

Vêtu de blanc je suis devant les yeux

de qui m’aime et de qui ne m’aime pas,

je pose enfin devant personne ou le néant

ou devant la pupille transparente

que je ne vois jamais et qui me voit.

Poserai-je ainsi sans fin devant la mort ?

Les fleurs de l’acacia jaunissent vite

aux montagnes lointaines

de l’enfance.

 Suis-je ainsi vêtu

pour mourir ?

Une grande et longue boucle sur la photo

altérée par le temps

tombe

sur mon front, pâle

le front, artificielle

la boucle, enfin,

si peut être artificiel l’acte fait

avec amour.

Et je t’entends, mère,

racine de tant de choses,

venir de l’autre côté de la nuit.

Tu me rends la branche dorée.

Je pose mon pied nu sur le seuil.

José Angel Valente Trois leçons de ténèbres

suivi de Mandorle et de l’éclat

http://pretexte.club.fr/revue/critique/articles_et/articles/valente_parcours-poetique.htm

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20 novembre 2005

Le regard bleu

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Nous connaissons par ouï-dire l’existence de l’amour.

Assis sur un rocher ou sous un parasol rouge, allongés

dans le pré bourdonnant d’insectes, les deux mains sous

la nuque, agenouillés dans la fraîcheur et l’obscurité d’une

église, ou tassés sur une chaise de paille entre les quatre

murs de la chambre, tête basse, les yeux fixés sur un rec-

tangle de papier blanc, nous rêvons à des estuaires, des

tumultes, des ressacs, des embellies et des marées. Nous

écoutons monter en nous le chant inépuisable de la mer

qui dans nos têtes afflue puis se retire, comme revient

puis s’éloigne le curieux désir que nous avons du ciel, de

l’amour, et de tout ce que nous ne pourrons jamais tou-

cher des mains.

Jean-Michel Maulpoix  Une histoire de bleu

http://www.maulpoix.net/index.html

Jean-Michel Maulpoix dans lucarne : ICI
et
 

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Jours gris

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La face grise des jours

Monotone traversée

Où s’estompe l’illusion

D’un bonheur bleu

La face grise des jours

Se regarder sans crainte

Pleurer l’enfant

Les rêves qu’il avait

Oser se retourner et voir

Les récifs de l’échouage

Vaciller sans tomber

La face grise des jours

Sur cette vie en pointillés

Planter ses pieds face à la mer

Et puis se taire

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19 novembre 2005

Fleurs de nénuphar

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