LUCARNE

A travers cette lucarne ovale, vous percevrez un peu de moi. Balade au hasard du chemin, déambulation vers les choses que j'aime. Je ne sais pas où je vais... Je me laisse simplement porter au gré du vent.

25 novembre 2005

La métaphysique du corps

La métaphysique du corps s’entr’aperçoit

dans les images. L’âme du corps

module en chaque fragment sa musique

de sphères et d’essences

au-delà de la simple chaire et de simples ongles.

Dans chaque silence du corps on identifie

la ligne du sens universel

qui a la forme brève et transitive imprime

la solennelle marque des dieux

et du rêve.

Parmi les feuilles, on surprend

dans la dernière nymphe

ce qui dans la femme est encore branche et rosée ;

et, plus que nature, pensée

de l’unité initiale du monde :

femme plante brise mer,

son être tellurique, spontané,

comme si elle était un rameau de l’arbre

infini qui condense

le miel, le soleil, le sel, le souffle âcre de la vie.

Dans l’extase et le tremblement plonge le regard

devant la lumineuse fesse opalescente,

la cuisse, le ventre sacré, assigné

à l’office d’exister, et puis tout ce que le corps

résume de l’autre vie, plus florissante,

dans laquelle nous avons tous été terre, sève et amour.

Voici que se révèle l’être, dans la transparence

De l’enveloppe parfaite.

CARLOS DRUMMOND
DE ANDRADE La machine du monde

   et autres poèmes

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Commentaires

    Très très beau!
    Merci, j'emporte ces mots dans mon rêve nocturne mélés à ceux de tous ceux que j'aime et ai aimés!

    Posté par tgtgtgtg, 28 novembre 2005 à 22:35

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