LUCARNE

A travers cette lucarne ovale, vous percevrez un peu de moi. Balade au hasard du chemin, déambulation vers les choses que j'aime. Je ne sais pas où je vais... Je me laisse simplement porter au gré du vent.

05 juillet 2008

« Les gens qui ne rient jamais ne sont pas sérieux » Alphonse Allais

.
               

              EMMA LA MER


Ces quelques minutes à longer la mer
c'était cruel en compagnie d'Emma
toujours à longer jamais allongés
toujours à bander jamais d'abandon
Emma me dit non parle-moi
parle-moi d'amour parle-moi d'Emma
tu ne veux pas parlons du temps qu'il fait
il fait un soleil à désespérer
mais avec Emma fini d'espérer
avant d'avoir seulement commencé
tu as tort Emma moi la douceur même
ou je ne sais pas parlons politique
dis-moi ce que tu lis en ce moment
elle a l'air inculte or elle a un cul
mais délicieux clair comme un sourire
ah qu'avec Emma ça devient amer
ces longues minutes à longer la mer


    Ludovic Janvier
    ("Doucement avec l'ange",
    Gallimard, 2001)
.

.


11e PRINTEMPS DES POETES :
du 2 au 15 mars 2009 sur le thème  « En rires »




 

C'est mal connaître la poésie que de la cantonner à
une gravité sourcilleuse, austérité, spleen et mélancolie !
Si elle s'attache certes aux grandes questions et aux
grands enjeux de l'existence, elle ne s'interdit pour le faire nul moyen.
Depuis les fatrasies médiévales jusqu'aux actuels chahuteurs de langue,
en passant par les pataphysiciens ou les dadaïstes,
la poésie n'a cessé de recourir au burlesque, à l' humour, à la satire.
Oui, tous les rires sont dans la poésie, sauf le vulgaire et le mesquin,
car même s'il rit, le poète reste poète :
questionneur, rebelle et
éveilleur de conscience.

Jean-Pierre Siméon

.

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.
Le Printemps des Poètes propose que l'édition 2009
soit l'occasion d'un éclairage particulier sur l' œuvre de Jean Tardieu.


.

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    VACHEMENT


aime
aime
aimeeuh
aime-la
aime-la la vache
aime-la follement
aime-la rageusement
aime-la folle la vache
aime-la enragée la vache
aimeeuh-la entièrement
aimeeuh le lait de vache
aimeeuh la bouse de vache
aimeeuh la peau de vache
aimeeuh la vache qui rit
aime-la
et ferme-la
ferme la vachette
à double tour


    Hamid Tibouchi
    (extrait de "desOrdres",
    inédit)

.

Merci, Hamid.

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04 juillet 2008

Complicité

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SOURIS ENCORE

Les cheveux
les plus sales
sont ceux de Franky

Franky, Franky
ne pleure pas
Franky

le nez
le plus sale
est celui de Franky

Franky, Franky
ne bouge pas
Franky

les ongles
les plus noirs
sont ceux de Franky

Franky, Franky
ne pleure pas
Franky

mais les dents
les plus belles
sont celles de Franky

Franky, Franky
souris un peu
Franky

Franky, Franky
souris encore
Franky

  Un poème extrait du recueil L'Oiseau sans arme
  de Marie-Léontine Tsibinda. (1997)

  ©  Marie-Léontine Tsibinda. Illustration de Michel Hengo

   Source : http://aflit.arts.uwa.edu.au/FEMEChome.html

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28 juin 2008

Concert

 

 

Concert

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Sale Petit Bonhomme

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Le 3 juillet à 19h00

Buxerolles (86)

Place des Peupliers

myspace.com/salepetitbonhomme

1er album juin 2008

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Renseignements : 0549515721

salepetitbonhomme@yahoo.fr


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Appel de Marie-Fanny, infirmière.

Réveillons les consciences...


Aujourd'hui, je fais appel à vous, parce que j'ai besoin de vous.



Je suis assez catastrophée en ce moment, car dans aucun média, aucune
presse, même dans les discours de nos chers politiques, personne ne
parle de ce qui se passe du côté de l'hôpital public... Et pourtant, moi
qui le vis de l'intérieur, je vous garantie qu'il y a de quoi sauter au
plafond !

Tout ce qui va suivre est un peu compliqué, peut-être, mais nécessaire
pour vous expliquer ce qui se passe sur le terrain.



Je suis infirmière dans un service de Médecine adulte (Médecine interne
et thérapeutique, pavillon 5, hôpital Bellevue à St-Etienne) avec une
capacité d'accueil de 21 patients, dont 95% est muté directement des
urgences. Autrement dit, la plupart ne sont pas encore très stabilisés
sur le plan médical et ont donc besoin d'une surveillance étroite et
efficace de la part des infirmiers et aide-soignants. Les femmes de
ménage (ASH) ont elles aussi un rôle important, car au détour d'un
couloir ou pendant qu'elles nettoient une chambre, elles peuvent être
les premiers signaux d'alarme d'un patient en détresse. Sans parler de
leur travail primordial pour assurer l'hygiène des services, rôle majeur
dans la lutte des infections nosocomiales.



Nos équipes s'organisent ainsi : (les équipes de jour et de nuit sont
indépendantes, je ne travaille que le jour matin-soir)

2 infirmières + 2 aide-soignantes + 1 ASH le matin

2 infirmières + 2 aide-soignantes + 1 ASH le soir

1 infirmière + 1 aide-soignante la nuit



Ceci est ce qu'on appelle le service minimum, autrement dit, c'est le
minimum règlementaire pour assurer la sécurité des patients. Or il faut
savoir que nous n'avons jamais de personnel en plus et que la tendance
actuelle est de nous faire tourner en sous-effectif de manière presque
systématique les soirs et les weekends, soit un seul infirmier pour 21
patients.



Depuis 2 mois, une de mes collègues infirmières a démissionné et n'est
pas remplacée, une autre est en arrêt de travail qui risque d'être
prolongé cet été et n'est pas non plus remplacée. Nous ne sommes donc
plus que 6 infirmiers au lieu de 8 à assurer un roulement sur 4
semaines, jours de semaine, weekend et fériés compris. Alors nous
effectuons 1 puis 2 puis 3 weekend supplémentaires (nous en travaillons
déjà 2 sur 4 habituellement) et ainsi de suite pour que le service
tourne, avec des jours de repos qui sautent et des alternances de rythme
incessantes. Si bien qu'il devient impossible de prévoir quoi que ce
soit en dehors de la vie au CHU, sous peine de devoir annuler au dernier
moment pour cause : boulot!



Samedi dernier, le 14 juin 2008, une autre collègue s'est arrêtée et,
étant la seule infirmière du soir, il n'y avait donc personne pour
prendre la relève du matin... C'est un infirmier des urgences qui a été
détaché de son service pour venir dans le nôtre, qui a assuré les soins
de nos 21 patients, alors qu'il ne les connaissait pas, et qui a dû
faire face en plus à une situation d'urgence vitale de l'un d'eux...



Une des ASH est arrêtée depuis 1 an en étant remplacée de manière très
ponctuelle, obligeant les 3 ASH restantes du service à se partager un
roulement sur 4 semaines, jours de semaine, weekend et fériés compris.
Leur tâche est de nettoyer à elles seules, tous les jours, la totalité
des 16 chambres du service de fond en comble (vitres, mobilier, murs,
WC), les bureaux médicaux, les pièces de vie (office, douche, WC,
couloirs), la salle de soins...



Il faut savoir que le CHU de St-Etienne est en pleine réorganisation,
puisqu'un gros complexe est en fin de construction à l'hôpital Nord,
promettant parait-il des technologies de pointe, des locaux modernes et
surtout des soins efficaces et de qualité...



Alors expliquez-moi comment être à la hauteur de ces exigences quand le
personnel est déjà largement en sous-effectif? L'hôpital refuse
d'embaucher, car déficit budgétaire, mais préfère faire appel à
l'intérim, qui coûte plus cher que des contractuels...



Hier, j'étais normalement en "repos" et j'ai passé une bonne partie de
ma journée à démarcher la Médecine du Travail, les syndicats et à parler
avec notre chef de service, pour essayer de trouver des solutions pour
que notre direction nous entende...



Nous sommes par chance soutenus par notre chef de service, qui connait
la valeur de notre travail et sait que nous ne protestons pas pour rien.
Il nous connait suffisamment pour lui même remuer ciel et terre pour
qu'on s'occupe du sort des soignants à l'hôpital. Il nous soutient parce
que lui-même est très inquiet de la situation et voit notre gouvernement
asphyxier le service public hospitalier, or lui a choisi de travailler
au CHU par foi en ce service public et dans le respect du serment
d'Hippocrate.



Je dors très mal et pour être honnête je pense au boulot constamment.
J'ai peur que le stress me fasse oublier un soin, que la pression
m'empêche de prendre le temps avec un patient déprimé, que la fatigue me
fasse faire un mauvais calcul de dose, administrer un produit au mauvais
patient... J'ai peur que ce métier que j'aime me transforme en assassin,
involontairement, parce qu'on aura laissé la situation se dégrader.
Parce que nous sommes tous responsables : je suis l'infirmière
d'aujourd'hui mais nous sommes tous les patients de demain. VOUS pouvez
être au bout de ma seringue, ou votre mari, votre enfant, votre proche.

Je vis l'insécurité dans mon travail, alors que je le maitrise pourtant.
Mais je suis humaine avant tout.

Vous serez ceux qui pâtiront du manque de soignants dans les services :
je n'aurai pas pu prendre le temps de vous donner des nouvelles du
patient que vous aimez, je n'aurai pas pu gérer 2 situations d'urgence à

la fois... Faut-il

attendre qu'il y ait des morts pour réagir et prendre
conscience de ce qui se passe dans les hôpitaux???



Aujourd'hui, j'ai besoin de vous. Merci de bien vouloir transférer ce
mail de manière la plus large possible, pour informer le plus de monde
possible. Si vous connaissez des personnes du monde hospitalier,
journalistique, politique ou autre, n'hésitez pas à les solliciter.

Il faut se mobiliser en masse pour être plus efficace, moi toute seule,
je n'intéresse personne.



Merci pour votre attention!


Marie-Fanny.

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25 juin 2008

Pierre Parent

zikzac_KAdivers_2008


http://elpeyo.canalblog.com/

http://elpeyo.book.fr

http://myspace.com/kadivers

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24 juin 2008

coucou

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23 juin 2008

La chanson de Germaine

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Bohémienne aux grands yeux noirs
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J'étais blasé de cueillir en vain,
Des baisers profanes
Quand j'ai croisé sur le grand chemin
Ma belle gitane
J'ai voulu la suivre un jour
Dans sa caravane
Comme une tzigane
Eperdu d'amour
Je chante à mon tour



Bohémienne aux grands yeux noirs
Tes cheveux couleur du soir
Et l'éclat de ta peau brune
Sont plus beaux qu'un clair de lune
Bohémienne aux grands yeux noirs
J'ai vibré d'un tendre espoir
Je voudrais que tu sois mienne
Bohémienne.



Ne vois-tu pas que mon cœur ardent

Est sous ton empire
Que sous tes pas j'implore et j'attends
Ton plus doux sourire
Les tarots de ton grand jeu
N'ont pu te le dire
Mais tu peux lire
Au fond de mes yeux
Ce plus tendre aveu


Bohémienne aux grands yeux noirs
Tes cheveux couleur du soir

Et l'éclat de ta peau brune
Sont plus beaux qu'un clair de lune
Bohémienne aux grands yeux noirs
J'ai vibré d'un tendre espoir
Je voudrais que tu sois mienne
Bohémienne.



Tino Rossi



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20 juin 2008

Bataille d'eau

Doudou, tu as eu droit au son, voici l'image.
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14 juin 2008

 

L'homme rêve le songe des choses,
.

le temps médite les rêves
.

de l'homme.



Octavio Paz

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Pour Emma

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Traits et figures

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13 juin 2008

Bella ciao !

TardiOh, là là ! Crime de sang ! Ancienne brigadiste ! Terroriste ! Au nom de quoi viendrait-elle protester, cette Marina Petrella ? Mais au nom de la parole donnée par un président de la République Française aux réfugiés italiens, au nom d'une décision de la justice française la déclarant inextradable, au nom d'une loi italienne qui ne rejuge pas un condamné par contumace, au nom d'un jugement prononcé à l'époque par des tribunaux d'exception, au nom de sa fille de dix ans qui n'a rien demandé à personne, au nom de son mari qui lui a offert une nouvelle vie, au nom de ses amis qui l'estiment et qui ne l'abandonnent pas, au nom de la police française qui l'arrête au gichet d'une préfecture alors qu'elle se présente pour régler des papiers de voitures, au nom des responsables politiques qui laissent croire qu'on lui a mis la main dessus après une longue traque ou tout au moins qu'elle se planquait alors que, comme tous les autres réfugiés italiens, la police connait son adresse et sait depuis toujours où la trouver, au nom de l'administration française qui lui a permis de passer un concours et pour laquelle elle travaille depuis plus de quinze ans en tant qu'assistante sociale, au nom de la république à laquelle elle paie chaque année ses impôts, au nom de l'hypocrisie des journalistes qui reprennent les dépêches AFP ou les déclarations des ministres sans se donner la peine de faire leur job et d'apporter la plus petite contradiction ou le moindre éclairage sur une situation pour le moins complexe, au nom du travail de pardon que se refuse l'Italie avec ses années de plomb, au nom de Carla Bruni Tedeschi Sarkozy (autre réfugiée italienne dont la famille fut menacée par les brigades rouges) qui n'influence sans doute pas le regard de son mari sur cette affaire, au nom d'un hyperprésident qui va prendre très bientôt les rênes de l'europe et qui a besoin du soutien de Berlusconi, au nom de l'état psychique et physique de cette femme en pleine dérive et qu'on laisse mourir à petit feu, un nom d'une fin annoncée dont Fillon signataire du décret d''extradition se lavera bientôt les mains...

Signer la demande d'application humanitaire à Marina Petrella sur Parole donnée

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11 juin 2008

Sale Petit Bonhomme

       .

                Bonjour,

    Sale Petit Bonhomme

                             sera en concert 
            
                   jeudi 12 juin à 19h

 
              Auberge de Jeunesse (Poitiers sud)

                      dans le cadre du festival 

                       "Ecoutez Voir!"

http://www.myspace.com/salepetitbonhomme



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08 juin 2008

Leaders mondiaux: stoppez la crise alimentaire

 

Pétition pour l'ONU et les dirigeants mondiaux:

.
Nous vous demandons d'agir immédiatement afin de mettre fin à la crise alimentaire mondiale en mobilisant des fonds d'urgence pour empêcher la famine, la suppression des incitations aux effets pervers de transformer les aliments en biocarburants et la gestion de la spéculation financière. S'attaquer aux causes sous-jacentes en mettant fin à des politiques commerciales nuisibles et investir massivement dans la productivité agricole durable dans les pays en voie de développement.

.
.

Pour signer la pétition: ICI
      

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En passant

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02 juin 2008

Casimiro de Brito

.

Casimiro de Brito

Trois fragments du “Livre des Chutes”

Traduction de Catherine Dumas.

 

 

.

.

.

"Muitas maravilhas existem, mas nenhuma

tão prodigiosa como o homem (...)

Soube descobrir recurso para tudo;

só contra a Morte, embora inventasse defesas

para lutar contra a doença traiçoeira,

é que ele em vão clamou por auxílio."

Sófocles, Antígona 

 

De toutes les merveilles de la nature,

la plus étonnante, c’ est l’ homme (...). Fécond

en ressources, il a trouvé l’ art d’ échapper

aux maladies les plus cruelles; mais son art

est impuissant pour échapper à la mort.”

Sophocle, Antigone.

 

 

 

 

1

Um homem

vai no seu corpo

e subitamente

cai. Ouço

desmoronar-se

a sílica do coração.

E ouço também

a terra e o ar

acolherem os ossos

do filho pródigo.

Em si este acontecimento

não é nada original

mas dói. O vento

do Outono

morde-me os ossos

e dói.

 

 

1

Un homme

va dans son corps

et subitement

il tombe. J’entends

s’effondrer

la silice de son coeur.

Et j’entends aussi

la terre et l’air

accueillir les os

du fils prodigue.

En soi, cet événement

n’a rien d’original

mais il fait mal. Le vent

de l’Automne

mord mes os

et ça fait mal.

 

 

 

 


90

Sento-me à sombra da última faia

e bebo! Já não sei cantar. Um homem

vai no seu corpo e subitamente

cai____ um bicho igual à chuva e ao vento,

ao útero da terra escura

sob as últimas árvores. Bebo

vinho e depois saliva e depois

a memória dos frutos que comi, o cheiro

das mulheres que amei

enquanto não caio, enquanto a loba

não vem. A cigarra

já não sabe cantar. Os reis do Ocidente

queimam a terra,

os reis do Oriente queimam o mar.

 

90

Je m’ assieds à l'ombre du dernier peuplier

et je bois! Je ne sais plus chanter. Un homme

va dans son corps et subitement

tombe — une bête pareille à la pluie et au vent,

à l’ utérus de la terre obscure

sous les derniers arbres. Je bois

vin et puis salive et puis

la mémoire des fruits que j'ai mangés, l’ odeur

des femmes que j'ai aimées

tant que je ne tombe pas, tant que la louve

ne vient pas. La cigale

ne sait plus chanter. Les rois de l'Occident

brûlent la terre,

les rois de l'Orient brûlent la mer.

 

 

 

 

322

Só quem sofreu durante muito tempo

poderá escrever um poema de amor.

Chega o dia em que o som do vento

e a febre das folhas que vão caindo

já não trazem desgraça, apenas o sussurro,

a perdição amável de quem vive

a sombra e o verão. Assim viajo

até ao voo derradeiro

para dentro da pedra — um ovo!

E voar de novo, “à barca, à barca (…) oh, que maré

tão de prata!” — e cantar de novo,

de pedra em pedra, de ovo em ovo.

Faça-se então

o ofício da dor. Talvez me seja dado

um poema de amor.

 

Gil Vicente. Camões.

 

 

322

Seul qui a longtemps souffert

pourra écrire un poème d’ amour.

Le jour arrive où le son du vent,

la fièvre des feuilles qui vont tombant

m’ amènent plus de malheur, le murmure seulement,

l’ aimable perdition de qui vit

l’ ombre et l’ été. Ainsi je voyage

jusqu’ au vol ultime

au dedans de la pierre — un œuf !

Et voler de nouveau, “à la barque, à la barque (...) oh, quelle marée

si toute d’ argent!” — et de nouveau chanter,

de pierre en pierre, d’ œuf en œuf.

Qu’ advienne alors

l’ office de la douleur. Me sera peut-être donné

un poème d’ amour.

.

Le site de  l'auteur    http://casimirodebrito.no.sapo.pt/

.

Poète, romancier, contiste et essayiste.
Né à Loulé (Algarve), en 1938.
A fait ses études en l’Algarve et à Londres. A vécu quelques années en Alemagne.
Commença a publier en 1957 (Poemas da Solidão Imperfeita) et a publié 40 titres depuis.
Participa au mouvement “poesia 61”, lequel a changé le cours de la poésie portugaise contemporaine.
Plusieurs prix littéraires, parmis lesquels le Prix International Versilia, de Viareggio, pour la “Meilleure Oeuvre Complète de Poésie”, attribué à son œuvre Ode & Ceia (1985), réunissant ses dix premiers recueils de poésie, le “Pen Club de Poésie”, pour Opus Affettuoso et récemment le Prix International de Poésie Léopold Senghor, pour son travail poétique.
Directeur de plusieurs revues littéraires, parmis lesquelles “Cadernos do Meio-Dia” (avec António Ramos Rosa), les cahiers “Automne”, “Février” et “Novembre” (avec Gastão Cruz), “Loreto 13” (revue de l’Association Portugaise d’Écrivains - A.P.E.).  Directeur de la collection de poésie “Grito Claro”.
Ses œuvres sont inclues dans plus de cent anthologies, publiées dans plusieurs pays. Participa à d’ innombrables récitaux, festivals, congrès d’écrivains, conférences, un peu partout au Portugal et dans le monde.
Il est l’actuel Président du P.E.N. Club Portugais et a été Président de l’Association Européenne pour la Promotion de la Poèsie, à Louvain. Directeur des festivals internationaux de poésie de Lisbonne, Madère et Faro. Conseiller de WHA-World Haiju Association, Tokyo.
Ses poèmes ont été traduits en galicien, espagnol, catalan, italien, français, corse, anglais, alemand, flamand, holandais, suédois, polonais, grec, roumain, bulgare, servo-croate, slovenne, macédoine, yiddish, chinois, japonais, etc.
Traducteur de poésie, nottament d’ haiku. Vient de publier ao Brésil, avec le poète japonais Ban’ya Natsuishi, une Anthologie de la poésie japonaise contemporaine.

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01 juin 2008

Josyane De Jesus-Bergey


« Plus vite que ta nuit » extraits
Josyane De Jesus-Bergey  2008
.

.

Je vais
au pire dire je
m’installe    il se peut
qu’en des anciennes habitudes
Je
ne me déchausse pas

Aucun regret

C’est ainsi le murmure
du visage vrai.

Toujours

la nuit réveille-toi de
ces odeurs
de chambre
        de ces rigoles
qui courent
plus vite que ta nuit

Ombre

ne cherche plus ton ombre
baisse ta garde
laisse venir un
autre jour pour apprendre !

Josyane De Jesus-Bergey  2008



C’est ainsi donner
le ciel pour ses nuages
pas le visible
pas la lumière tombée
et ses vérités
qui  me vont bien.

Mais
Un temps de vent
sur les cailloux
Un temps
de n’importe quoi
Quand
ton rire du devant
jusqu’à… l’extrême pointillé
dessine mes nuits

*****


Le mur et tu
dis
je vieillis comme
les enfants
il n’y a pas d’avance
rien que couper le temps
de ce gâteau trop
vite émietté.
Tout près d’ici
L’inhabitable
quand les restes
me vont bien.

« Plus vite que ta nuit » extraits
Josyane De Jesus-Bergey
.
.
.
.
.

Quelque chose
de ces temps faisandés
pas encore la mort
des oiseaux
sans lumière ou presque.

De nous
encore des matins
lessivés

Poursuivre ce labour
des champs
juste pour décider
ce qui restera beau.
********
La veille
à la première heure
on passe
les genoux pliés
ainsi plus facile
de basculer
le front à peine
derrière la vitre.
Répondre aux questions
Qui ne se  posent plus.

Je dis
la terre valide nos silences.
*********
« Plus vite que ta nuit » extraits
Josyane De Jesus-Bergey






Jour
et plus beau que ces mots
de sable
tu frappes à ma montagne
jour de terre où
des mains         pas d’hiver
non plus
des mains se cherchent.

Comme si le temps coupé
croulait le lierre.

Voie

voie de feu qui s’installe
chaque forme retient
les pages
d’un arbre vieilli de mille ans.
il faudrait plus de tempête
à ce sang mûr
à ces  rythmes
d’une marée qui m’épuise.

Il faudrait
se coucher nu pour apprendre.
********
On dirait presque droit
le geste au bord
d’une rupture qui te regarde

Dans quel espace
de nous
se bascule la chambre

On ne sait jamais
pourquoi la nuit arrive.

« Plus vite que ta nuit » extraits
Josyane De Jesus-Bergey  2008
.
.

.
Je            dit le souvenir
me peuple de ces petits riens
sans la langue     Je

rajoute la terre

poussée par des éclats
d’une rue où les fantômes
se perdent
Quand

l’hiver vient  sous la peau.
**********

Il n’y a pas
ce vent qui
glisse entre les doigts

Pas de pas

perdus dans les chemins déserts

Quelques oiseaux emmurés
à l’abri
et
tout s’arrête
à hauteur de ventre.

Ainsi

avoir mal à l’enfance
c’est peut-être survivre !

« Plus vite que ta nuit » extraits
Josyane De Jesus-Bergey  2008

.

D'autres textes de Josyane De Jesus-Bergey  ICI

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31 mai 2008

Tendresse

tendresse
.
                        Pour Bernadette

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28 mai 2008

Ne laissons pas mourir l'action culturelle et solidaire sous Sarkozy !

Il existe en France un secteur d’activité d’une incroyable diversité et
d’une effervescence continue, menacé de précarité et de disparition par
la politique du président de la République. Créateur de lien social et
d’emplois, le tissu associatif culturel contribue à l’épanouissement
des individus, encourage leur créativité et leur émancipation en
plaçant l’humain au centre de ses préoccupations. Ce secteur de
l’action artistique et culturelle déploie, sur tous les territoires où
il agit, des visions sensibles et solidaires du monde. Dans des
domaines aussi divers que les cultures urbaines (danse hip hop, rap,
slam…), les musiques actuelles, les musiques savantes, le cirque, les
arts de la rue, les arts plastiques, la danse, le théâtre, la
marionnette, la poésie, les arts numériques, le cinéma, la vidéo, la
littérature, le conte, etc., une multitude de projets, de lieux et
d’organismes favorisent les initiatives de création, diffusent les
œuvres, multiplient les démarches d’éducation artistique et culturelle,
encouragent les pratiques en amateur, dans un souci constant de
concertation et de partage avec la population de leur territoire. C’est
ainsi que des catégories sociales, qui restent trop souvent à l’écart
des lieux culturels intimidants, se retrouvent impliquées d’une manière
ou d’une autre dans des projets qui génèrent de la confiance,
accroissent leur capacité à décoder le monde et à agir...

 

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27 mai 2008

Huguette Bertrand

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TRIANGLE             

 

Elle est noire
je suis blanche
nous sommes jaunes
humaines triangulaires
reliées à nos espaces
pareillement intimes

 

Nous sommes différences
et pourtant si humanité
dans un espace aussi restreint
entre les mers agitées
entre le vent la pluie
les pleurs pareillement pleurs

 

Dedans nos veines
le sang pareillement sang
pousse des cris
arrachés aux chaînes
dedans nos cris
le sang murmure
je t'aime

 

Huguette Bertrand - 01.01.98
extrait du recueil «Strates amoureuses»

 

Le site de l'auteure : http://www.espacepoetique.com/poete/poete.html

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