15 novembre 2009
14 novembre 2009
François-Xavier Fagniez
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13 novembre 2009
L'anthropologue Marcel Detienne s'interroge sur les usages de l'identité nationale, et ses dangers. Entretien Sylvain Bourmeau.
Marcel Detienne – 1. Comment être français (Mediapart)
envoyé par Mediapart. - L'actualité du moment en vidéo.
Marcel Detienne – 2. Sur l'identité nationale (Mediapart)
envoyé par Mediapart. - L'actualité du moment en vidéo.
12 novembre 2009
11 novembre 2009
Max Partezana
"Né à Auch en 1956, je vis et travaille à Arcachon depuis 1994.
Mon parcours est marqué par mes racines italiennes, émaillé de rencontres au cours d'une vie itinérante. Autodidacte et solitaire, j'ai depuis toujours trouvé refuge dans la littérature et l'univers pictural.
Après avoir exercé plusieurs métiers, notamment dans le vin, je me consacre entièrement à la peinture depuis 1995.
Intéressé par certains des artistes de l'école de Nice Arman, Gilli , Raysse et ceux de supports/surfaces ,surtout Viallat, Pincemin.., mais aussi d'autres comme François Rouan et Claude Lagoutte je trouve ma technique à partir de mon goût des vieux livres , commençant par construire des œuvres sur papier , assemblages de pages de livres anciens , que je me suis mis à peindre , puis à découper , élaborant mon propre livre : autant de fragments , autant de pages ."
.
Pour regarder les magnifiques peintures de Max Partezana : http://maxpartezana.com/
les paensements d'Arrière-arrière-grand-maman
Ce sont d'abord des peintures, trois ou quatre, qui ont ouvert un sillon rouge et sans voix. Puis très vite des textes inattendus ont jailli. Écriture et peintures se sont mises à s'ouvrir, à s'extraire mutuellement l'une de l'autre. C'est dans cet intranquille entre-deux que les paensements d'Arrière-arrière-grand-maman ont été déterrés.
http://animalgraphique.canalblog.com/
http://remue.net/spip.php?article3422
10 novembre 2009
SOIR - TARDE
Je t'aime parce que je t'aime et voilà tout
et de t'aimer j'en arrive à ne pas t'aimer
et de t'attendre alors que je ne t'attends plus
mon cœur peut en passer du froid à la brûlure.
.
Je ne t'aime que parce que c'est toi que j'aime,
et je te hais sans fin, te hais et te supplie,
et la mesure de mon amour voyageur
est de ne pas te voir, de t'aimer en aveugle.
.
Et si, lumière de janvier, tu consumais
ton rayon cruel, et mon cœur tout entier,
me dérobant la clef de la tranquillité ?
.
En cette histoire je n'arrive qu'à mourir
et si je meurs d'amour, c'est parce que je t'aime,
parce qu'amour, je t'aime, et à feu et à sang.
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Pablo Neruda
La Centaine d'amour
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pablo_Neruda
08 novembre 2009
Aimé Césaire
Pour Nacer
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Picasso Césaire
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Acte 1
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(Pendant que lentement se lève le rideau
on entend l’écho.)
L’écho
Bien sûr qu’il va mourir le rebelle. Oh il n’y
aura pas de drapeau même noir, pas de coup
de canon, pas de cérémonial. Ça sera très sim-
ple quelque chose qui de l’ordre évident ne
.déplacera rien, mais qui fait que les coraux
.au fond de la mer, les oiseaux au fond du ciel,
les étoiles au fond des yeux des femmes
.tressailliront le temps d’une larme ou d’un
.battement de paupière.
Bien sûr qu’il va mourir le rebelle, la meilleure
raison étant qu’il n’y a plus rien à faire dans
cet univers invalide : confirmé et prisonnier
de lui-même…Qu’il va mourir comme cela est
écrit en filigrane dans le vent et dans le sable
par les sabots des chevaux sauvages et les bou-
cles des rivières…
Gibier de morgue ce ne sont pas des larmes qui
te conviennent, ce sont les faucons de mes
poings et de mes pensées de silex, c’est ma muette
invocation vers les dieux du désastre.
Architecte aux yeux bleus
Je te défie
prends garde à toi architecte, car si meurt le
Rebelle ce ne sera pas sans avoir fait clair
pour tous que tu es le bâtisseur d’un monde
de pestilence
architecte prends garde à toi
qui t’a sacré ? En quelle nuit as-tu troqué le
compas contre le poignard ?
architecte sourd aux choses clair comme l’arbre
mais fermé comme une cuirasse chacun de tes
pas est une conquête et une spoliation et un
contresens et un attentat
Bien sûr qu’il va quitter le monde le Rebelle ton
monde de viol où la victime est par ta grâce
une brute et un impie
architecte Orcus sans porte et sans étoile sans
source et sans orient
architecte à la queue de paon au pas de cancer
à la parole bleue de champignon et d’acier.
prends garde à toi
.
(Le rideau est levé.)
.
Aimé Césaire
Et les chiens se taisaient
Théâtre Présence Africaine
.
http://www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile/paroles/cesaire.html
http://www.magazine-litteraire.com/archives/ar_cesai.htm
07 novembre 2009
Poème à André
Kamel Yahiaoui - Spèctre, 1997
Ô Casbah
ma peau
je lègue mon âme aux mille acres de terres
vaillantes
mes yeux mes mains mon sexe ma peau et mon ocre
j'offre mes arcanes ancestrales des blancs de la chaux
au
feu qui réanime mes doigts griffeurs sur le miroir
qui reflète
les vestiges de la sphère évanouie
chaque rêve muré de sursauts
étreint ma gorge
j'ai franchi le seuil de l'impasse Médée
dans mon lit dort la tenaille du vieux sabre
vient à ma
rencontre la filante lueur de la rue du chagrin
toutes les nuits
elle danse nue sur mes épaules excédées
elle forme les voutes
imbibées de tourments enflammés
la pierre tombante fait
suinter le pourpre de l'age ottoman
elle saigne à flot dans les
petits ponts de la cité vierge
en goutte à goutte elle distille
le sérum de la force
mon amour adossé aux signes des portes
bienveillantes
ah si le feuillet virginal de l'espérance
pouvait atteindre le seuil de mon asile
afin que le filon de ma racine s'élève
jusqu'aux terrasses des amants
je
vois le mur au-dessous du tag s'écarquiller
l'enfant à même le
sol dessine une marelle
il joue son rêve préfacé par les cris
sautant sur des numéros
en haut de Bab Djedid crèche
l'escadron de la fortune
à la Casbah pleure une fontaine
dépourvue de l'eau
au marché du linceul les fauchés méditent
leur dernier voyage
le désordre humain loge dans ma
valise
je grave infiniment la mémoire de l'ombre
au rythme des
saisons ponctuelles
celles qui n'obéissent guère à l'horloge
maligne
quand j'écoute le murmure du vent
et l'écoulement de
l'air
toutes les brumes virent au soleil
levant
je pleure alors le soleil couchant
Kamel Yahiaoui
1 mai 2009
01 novembre 2009
A la mémoire de Kateb Yacine
Kamel Yahiaoui , 1987- Kateb Yacine
.
Yacine
en ces vingt ans d'absence
premier novembre, date ancrée dans ma chair
je me souviendrai de toi à la Casbah avec M'hamed, momo et papa
à l'assaut de l'impossible brouillard
je me souviendrai de toi quand pour la première fois
j'ai fait connaissance avec le vertige de l'amour
je me souviendrai de toi quand le froid a atteint la flamme
de mon corps et que ta demeure salutaire sur moi veillait
je me souviendrai de toi quand tu venais porter secours à mon coeur
amoureux
je me souviendrai de toi tu m'as offert ton lit quand je fus
expulsé de la paternité
je me souviendrai de toi, tu m'as interdit de boire de l'alcool
tu connaissais sa traitrise
je me souviendrai de toi, tu m'as pris dans tes bras quand
M'hamed est parti
je me souviendrai de toi quand j'avais honte de parler mon Kabyle
tu m'a dit le Français est une épine
je me souviendrai de toi, maman affolée tu l'a rassurée
avec un couffin de fraternité
je me souviendrai de toi et l'aube nous est dérisoire Ali Zaamoum
pleurait la patrie
je me me souviendrai de toi le doigt sur la joue tu disais Kablout
est mon ancêtre
je me souviendrai de toi, Ouahab, Djilali et Tahatr faisant le monde
toi tu dessinais les mots
je me souviendrai de toi logeant ma solitude d'adolescent
dans tes bras puissants et paternels
je me souviendrai de toi dansant sur le corps inanimé de l'humanité
et toi chantant l'absurde du pouvoir
je me souviendrai de toi réclamant Amazigh au fin fond de la berbérité
tu disais c'est mon fils
je me souviens de toi Yacine
Kamel Yahiaoui
« Déjà le sang de Mai ensemençait novembre » de René Vautier
http://alpolitique.canalblog.com/
25 octobre 2009
Jugurtha
Pour Hamid Tibouchi de la part de Kamel Yahiaoui
M'Hamed Issiakhem,
Rouge. 1985.
Huile sur toile 100 x 80.
(Collection du Musée national des Beaux-Arts d'Alger.)
Jugurtha
Dans les monts d’Algérie, sa race renaîtra :
Le vent a dit le nom d’un nouveau Jugurtha…
Du second Jugurtha de ces peuples ardents,
Les premiers jours fuyaient à peine à l’Occident,
Quand devant ses parents, fantôme terrifiant,
L’ombre de Jugurtha, penchée sur leur enfant,
Se mit à raconter sa vie et son malheur :
‘’Ô patrie ! Ô la terre où brilla ma valeur !’’
Et la voix se perdait dans les soupirs du vent.
‘’Rome, cet antre impur, ramassis de brigands,
Echappée dès l’abord de ses murs qu’elle bouscule,
Rome la scélérate, entre ses tentacules
Etouffait ses voisins et, à la fin, sur tout
Etendait son empire ! Bien souvent, sous le joug
On pliait. Quelquefois, les peuples révoltés
Rivalisaient d’ardeur et, pour la liberté,
Versaient leur sang. En vain ! Rome, que rien n’arrête,
Savait exterminer ceux qui lui tenaient tête !….’’
Dans les monts d’Algérie, sa race renaîtra :
Le vent a dit le nom d’un nouveau Jugurtha…
‘’De cette Rome, enfant, j’avais cru l’âme pure.
Quand je pus discerner un peu mieux sa figure,
A son flanc souverain, je vis la plaie profonde !…
La soif sacrée de l’or coulait, venin immonde,
Répandu dans son sang, dans son corps tout couvert
D’armes ! Et une putain régnait sur l’Univers !
A cette reine, moi, j’ai déclaré la guerre,
J’ai défié les Romains sous qui tremblait la terre !….’’
Dans les monts d’Algérie, sa race renaîtra :
Le vent a dit le nom d’un nouveau Jugurtha…
‘’Lorsque dans les conseils du roi de Numidie,
Rome s’insinua, et, par ses perfidies,
Allait nous enchaîner, j’aperçus le danger
Et décidai de faire échouer ses projets,
Sachant bien qu’elle plaie torturait ses entrailles !
Ô peuple de héros ! Ô gloire des batailles !
Rome, reine du monde et qui semait la mort,
Se traînait à mes pieds, se vautrait, ivre d’or !
Ah, oui ! Nous avons ri de Rome la Goulue !
D’un certain Jugurtha on parlait tant et plus,
Auquel nul, en effet, n’aurait pu résister !’’
Dans les monts d’Algérie, sa race renaîtra :
Le vent a dit le nom d’un nouveau Jugurtha…
‘’Mandé par les Romains, jusque dans leur Cité,
Moi, Numide, j’entrai ! Bravant son front royal,
J’envoyai une gifle à ses troupes vénales !…
Ce peuple enfin reprit ses armes délaissées :
Je levai mon épée. Sans l’espoir insensé
De triompher. Mais Rome était mise à l’épreuve !
Aux légions j’opposai mes rochers et mes fleuves.
Les Romains en Libye se battent dans les sables.
Ils doivent prendre ailleurs des forts presqu’imprenables :
De leur sang, hébétés, ils voient rougir nos champs,
Vingt fois, sans concevoir pareil acharnement !’’
Dans les monts d’Algérie, sa race renaîtra :
Le vent a dit le nom d’un nouveau Jugurtha…
‘’Qui sait si je n’aurai remporté la victoire ?
Mais ce fourbe Bocchus… Et voilà mon histoire.
J’ai quitté sans regrets ma cour et mon royaume :
Le souffle du rebelle était au front de Rome !
Mais la France aujourd’hui règne su l’Algérie !…
A son destin funeste arrachant la patrie.
Venge-nous, mon enfant ! Aux urnes, foule esclave !…
Que revive en vos cœur ardent des braves !…
Chassez l’envahisseur ! Par l’épée de vos pères,
Par mon nom, de son sang abreuvez notre terre !…
Ô que de l’Algérie surgissent cent lions,
Déchirant sous leurs crocs vengeurs les bataillons !
Que le ciel t’aide, enfant ! Et grandis vite en âge !
Trop longtemps le Français a souillé nos rivages !…’’
Et l’enfant en riant jouait avec un glaive !…
II
Napoléon ! Hélas ! On a brisé le rêve
Du second Jugurtha qui languit dans les chaînes…
Alors, dans l’ombre, on, voit comme une forme humaine,
Dont la bouche apaisée laisse tomber ces mots :
‘’Ne pleure plus, mon fils ! Cède au Dieu nouveau !
Voici des jours meilleurs ! Pardonné par la France,
Acceptant à la fin sa généreuse alliance,
Tu verras l’Algérie prospérer sous sa loi…
Grand d’une terre immense, prêtre de notre droit,
Conserve, avec la foi, le souvenir chéri
Du nom de Jugurtha !…N’oublie jamais son sort:
III
Car je suis le génie des rives d’Algérie !…’’
Arthur Rimbaud
19 octobre 2009
فاجعة الضمائر de Louisa Nadour
Conscience du tragique - فاجعة الضمائر de Louisa Nadour
فاجعة الضمائر
Conscience du tragique
de Louisa Nadour
accompagné par l'œuvre de Taysir Batniji
dit en arabe par Louisa Nadour
Voix française, Philippe Gaessler
Traduction Kamel Yahiaoui
.
.
فاجعة
الضمائر
أيقظني صوت الطفلة رجاء
وروحٌها يحوِّم فوقيّ
سألتها
لِم الزِيارة
ألأنّي بكيتيك بقلب كسير؟
أجابت عروس الشهداء
حزينة أنا
هلا بكيت/ من اجلي
وقد حُرِمت بعد اليوم
من أن أُتعِب أمي
بشقاوة يومي
وأن ألعب بالدُمى
في ساحة البيت
أن أغمس خُبزي في زيت الزّيتونِ
و أكتب حرفاً أو شِعراً لِم لا؟
و أرمي حجراً وإلاّ.....
أو تدرين
مازالت أمي في الشّوارِع تجري
حجرها الخاوي يعوي
أثدائها تقرصها
يقطر صدرها دمعا أبيضا
ينزف قلبها دما أحمرا
تمطر سمائها قنابل من نار؟
مازالت أمي تبحث عني
أمي
تبحث عني تحت عاصفة الدمار
تحطمت حيطان بيتنا المشققة
ها هي
ها هي تبحث عني تحت الأنقاض
انظري عثرت عليّ أمي متحدةً بشظايا القنبلة التي مزّقت أحشائي
لا أحس بالألم لا أستطيع البكاء...
تعز عليّ دُموع أمي وصراخها الذي ينهكها
الملائكة لا تبكي
أبكي أنتِ من اجلي
أبكي من اجلها
وارثِ أُسُوداً تنام قريرة العين
تنهشها الذئاب
وعرينها خراب
نسوراً تُزفُّ إلى أقفاص ذهبية
على إيقاع الطبول والشعارات
أبكي حالي الآن وأنا أُعرِّج إلى السماء
عاجزة
لست أكفي عربون وفاء
وفدية
وقربانا لحل ّعقدة الضمير
يعُز عليّ
أن لا تراني أمي بعدها
وقد ضُحي بِجسدي الهزيل
يعز عليا
ألا تسمع البشرية صوت رجائي وهذا الأنين
لويزة ناظور
Photographie de Gaza, de Taysir Batniji - DR
Sous le nom
SAVE THE
DATE : 10 MAI 2007
http://taysir.b.fre.fr/
CONSCIENCE DU TRAGIQUE
la voix plaintive de Rajaa
la fillette au visage d'ange
brusque mon réveil
suppliant ma grâce
son âme voltige autour de moi
je l'ai interrogée
que me vaut cette visite ?
est-ce parce que je t'ai pleurée avec un cœur brisé ?
la muse des martyrs balbutie
infiniment triste est mon sort
peux-tu pleurer ma cause ?
ce serait péché cependant d'accabler ma mère
désormais elle ne me verra plus jouer avec mes poupées
dans la cour de la maison
je ne tremperai pas mon pain dans l'huile d'olive
n'écrirai pas un poème ni même un mot
pourquoi cela ?
plus jamais je ne lancerai de pierres ...
connais-tu mon supplice
ma mère court encore les rues
hurlant au vide dans son giron
une douleur irradiant ses seins
sur sa poitrine coulent des larmes de sel
son cœur à vif saigne
il pleut la poudre enflammée des explosifs
ma mère me cherche encore
ma mère !
sous le cyclone de la ruine
les murs de notre demeure précaire
s'écroulent
notre abri se volatilise dans les flammes
la voilà
la voilà me cherchant encore sous les gravats
ma mère me découvrant
parmi les débris de la bombe
qui m'a déchiquetée
je ne ressens aucune douleur
ni ne peux verser de larmes
les larmes endeuillées
de ma mère me bordent avec une infinie douceur
tandis que son cri la tenaille
les anges ne pleurent pas
pleure donc pour moi
et pleure aussi pour elle
éloigne toi avec mépris des lions
qui dorment les yeux mi-clos
ils ne craignent guère les assauts des loups
chaotiques sont leurs tanières
quant aux aigles les voilà exaltés
dans leurs cages dorées
remplies de rythmes et de louanges
pleure mon état à présent
dépourvue je prends mon envol vers le ciel
je ne vaux guère comme caution
ni rançon
ni sacrifice pour résoudre l'anneau de la conscience
je suis éplorée
ma mère ne me verra pas grandir
mon corps chétif est résigné
je suis éplorée
car l'humanité feint de n'entendre
ni mon souhait ni mon tourment
Louisa Nadour
traduit par Kamel Yahiaoui
Louisa Nadour est une poétesse algérienne arabophone vivant en France.
18 octobre 2009
Pour Samuel, Jean-Salvy, Patrick et les autres
Communiqué du Comité de soutien
Un rassemblement
solidaire et serein
Nous étions 1000 ! Comptés un à un, mille personnes de toutes générations, solidaires de Samuel, de Jean-Salvy et des autres inculpés. Mille, rassemblés autour des parents de nos amis à témoigner le plus calmement du monde d'un réel sentiment d'injustice. Mille visages émus. Mille cœurs remplis d'une grande révolte contenue. Tous face au Palais de Justice dont nous étions nombreux à nous demander s'il portait encore bien son nom. Quelques photos de Sam et Jean-Salvy ont été brandies face au soleil, appuyées d'une citation de Jacques Prévert : « Quand la vérité n'est pas libre, la vérité n'est pas vraie ».
Aucun slogan trop politique, aucune banderole trop polémique, aucune violence, ... Tels que l'avaient souhaité les familles. On avait envie de témoigner à nos potes que nous étions derrière eux, simplement parce qu'on se sentait tellement impuissants.
Après une courte intervention du papa de Jean-Salvy, nous avons avancé en direction du Parc de Blossac, là où on aime se retrouver pour jouer au foot ou refaire le monde les soirs d'été. Nous avons marché ensemble, main dans la main, calmement, derrière une seule et unique banderole : « Liberté pour eux, justice pour tous ». Nous avions dans nos esprits l'image de nos potes, l'image de ceux qui auraient dû être là, avec nous, comme ils l'étaient de tous les rassemblements et de toutes les manifestations qui leur semblaient justes. Le cortège a défilé au milieu des arbres avant de s'arrêter devant une stèle dédiée à la Résistance. Les familles ont pris la parole pour nous remercier et nous inviter à une dispersion sereine.
Que s'est-il passé après le rassemblement ? (rédigé à partir de témoignages recueillis auprès de diverses personnes qui se trouvaient à proximité des policiers) :
Au moment où nous sommes arrivés à Blossac, les policiers étaient là. Nous avons appris que 5 bus de CRS nous attendaient également au Rond point de l'Eglise Notre-Dame. Le cordon de policiers présents devant nous devant le monument de la Résistance, flash-balls à la main, le visage tendu, attendaient visiblement qu'un incident ait lieu pour intervenir. En les voyant, un homme d'une soixantaine d'année que le rassemblement avait réellement bouleversé à lancé pour protester à leur angoissante présence : « Vous êtes des papons. Y'a pas de justice ». Un policier a alors lancé : « arrêtez-le ! ». Il a voulu s'enfuir mais trois policiers l'ont poursuivis. Sa femme en pleurs, a dit : « Il ne va pas bien, il est cardiaque ».
La foule, sans aucune violence physique, s'est indignée. Nous avons protesté et avons suivi les policiers qui emmenaient l'homme, avant de nous voir tous enfermés dans le parc de Blossac, les policiers en ayant fermé les immenses grilles. L'homme a été conduit au poste de Police accompagné de trois hommes qui ont tenté de s'interposer. A l'heure qu'il est, ils ont été libéré.
Nous resterons vigilants quant aux éventuelles poursuites contre les quatre personnes qui ont été arrêtées aujourd'hui.
Toutefois, nous ne rentrerons pas dans le jeu de ceux qui n'attendaient qu'une chose : que notre rassemblement tourne mal pour décrédibiliser nos actions et nous assimiler à des casseurs.
Retenons de cette journée ce qu'elle a été : une impressionnante mobilisation calme et sereine, un émouvant moment de soutien à nos amis, un vibrant appel à la justice.
Pour Jean-Salvy, pour Samuel, pour les autres inculpés,
Pour tous les citoyens qui croient encore en la justice de notre pays,
Restons mobilisés ! Le mouvement continue !
Le Comité de soutien
SOURCE: http://soutiensametjeansalvy.over-blog.org/
Pour signer la pétition http://lapetition.be/en-ligne/petition-5237.html
15 octobre 2009
Pour soutenir Samuel et Jean-Salvy
Samuel et Jean-Salvy sont innocents !
Les
évènements violents de samedi après-midi à Poitiers ont entraîné
l'arrestation et la condamnation de plusieurs personnes dont deux
étudiants poitevins de 20 ans. Or, Samuel Bastard et Jean-Salvy Compte
n'ont absolument pas pris part aux débordements qui ont eu lieu en
Centre-ville. S'ils ont participé à la manifestation, parce qu'elle
était autorisée, ils s'en sont vite mis en marge dès que les violences
ont commencé.
Ce blog est destiné à informer, à fédérer toutes les initiatives et à rassembler toutes les personnes
voulant témoigner leur soutien.
Pour signer la pétition :
Le Guetteur en parle : http://leguetteur.canalblog.com/
14 octobre 2009
Brigitte Fontaine - Prohibition -
11 octobre 2009
08 octobre 2009
algerie-focus.com - Place aux artistes
Reportage réalisé par Fayçal Anseur pour Algérie-Focus et en collaboration avec la galerie ARCIMA à Paris. Oct 200906 octobre 2009
Anick Roschi
Pour l'anniversaire de sa mort le 7 Octobre prochain un
hommage à Anna Politkovskaïa :
Colombe
Dans un désert avare
D'humanité
Le regard
D'une colombe s'est posé
Où les loups, têtes basses,
Ne se lassent
De hurler,
Dans un désert empoisonné
Avare de vérité
Une colombe, ce soir, est tombée.
Anick Roschi 7 octobre 09
*******
Homage to Anna Politkovskaïa:
Dove
In a miserly desert
Of humanity
The glance of a dove
Settled where the wolves,
Low heads,
Are not wearied to howl,
In a poisoned desert,
Miserly of truth,
A dove, this evening, fell.
Anick Roschi october 7th,09
******
Homenaje a Anna Politkovskaïa (periodista, asesinada en
Rusia el 7 de octubre de 2006 por su defensa activa de los
Derechos Humanos y de la libertad de expresión):
Paloma
En un desierto avaro
De humanidad,
La mirada
De una paloma se puso
Donde los lobos, cabezas bajas,
No se cansan
De aullar.
En un desierto envenenado,
Avaro en verdad,
Una paloma, esta noche, cayó.
Anick Roschi 7 octubre 09
******
Omaggio ad Anna Politkovskaïa
Colomba
In un deserto avaro
Di umanità,
Lo sguardo
Di una colomba
Si è posato
Dove i lupi, teste basse, non si stancano
Di urlare.
In un deserto avvelenato,
Avaro di verità,
Una colomba, questa sera, è caduta.
Anick Roschi 7 ottobre 09








































































































